Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Abou el‑Gheit, a exhorté dimanche l’Iran à réparer «l’erreur stratégique» consistant à mener des attaques contre des pays arabes, lors d’une réunion ministérielle d’urgence tenue par visioconférence et présidée par les Émirats arabes unis.
Pour Abou el‑Gheit, ces attaques iraniennes «ne peuvent être justifiées par aucune raison» et traduisent, a‑t‑il dit, une «politique imprudente». Il a appelé Téhéran à revoir sa stratégie et à mettre fin à des actes qui portent atteinte à la souveraineté et à l’intégrité des États arabes.
Par ailleurs, il a souligné que les pays arabes ne sont pas parties au conflit en cours et qu’ils avaient déjà refusé l’utilisation de leurs territoires et de leur espace aérien pour des opérations visant l’Iran. Il a également rappelé le rôle de médiation joué par plusieurs États de la région, notamment Oman, le Qatar et l’Égypte, afin d’éviter l’escalade.
Appel à l’activation du concept de sécurité nationale arabe
Le ministre égyptien des Affaires étrangères et de la Migration, Badr Abdel Aati, a insisté sur la nécessité de «mettre en œuvre» le concept de sécurité nationale arabe pour protéger la souveraineté des États et assurer la stabilité régionale.
Lors de son intervention, il a exprimé la solidarité totale de l’Égypte envers les pays du Golfe, la Jordanie et l’Irak visés par ces attaques iraniennes, condamnant fermement ces actions et rejetant toute justification destinée à les légitimer.
Abdel Aati a préconisé de privilégier le dialogue et la diplomatie pour réduire les tensions, tout en mettant en garde contre le risque d’une dérive vers une escalation généralisée. Il a en outre appelé à l’activation des mécanismes de coopération arabe et évoqué la possibilité de constituer une force arabe commune pour faire face aux menaces.
- Renforcement du cadre de sécurité nationale arabe;
- Recours prioritaire aux voies diplomatiques pour désamorcer les crises;
- Exploration d’une coopération militaire et sécuritaire commune, y compris une force arabe conjointe.
Contexte des tensions et risques d’escalade
Depuis le 28 février, la région connaît une série d’opérations et de ripostes qui ont exacerbé les tensions. Selon des bilans cités dans les discussions, des frappes attribuées à Israël et aux États‑Unis ont frappé l’Iran, provoquant des pertes parmi des responsables sécuritaires.
En réaction, l’Iran a lancé des salves de missiles et déployé des drones vers Israël, tout en ciblant ce qu’elle présente comme des «intérêts américains» dans le Golfe, en Jordanie et en Irak. Certaines de ces attaques ont entraîné des victimes et des dégâts matériels, suscitant une condamnation large au sein du monde arabe et au‑delà.
Face à ce contexte, les ministres arabes ont réaffirmé leur volonté d’éviter une spirale de violence et ont appelé à des mesures concrètes pour préserver la paix et la sécurité régionales, insistant sur la nécessité d’une réponse collective et coordonnée.