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    Abou Iyad : Fondateur du premier appareil sécuritaire de la révolution palestinienne

    Palestine, Tunisie

    Salah Musbah Khalaf, connu sous le nom d’Abou Iyad, est l’une des figures les plus emblématiques du mouvement national palestinien. Né en 1933 en Palestine, il a été un des fondateurs des appareils sécuritaires palestiniens et un stratège clé de la révolution. Il a joué un rôle majeur aux côtés de Yasser Arafat, Khaleel al-Wazir (Abou Jihad) et d’autres leaders dans la lutte palestinienne. Arrêté à plusieurs reprises par Israël, il a été assassiné en Tunisie début 1991.

    Abou Iyad a combiné action armée sur le terrain, théorisation politique et planification stratégique pour bâtir les structures politiques et sécuritaires du projet palestinien. Pionnier du concept d’une solution démocratique pour la Palestine, il prônait un État démocratique garantissant l’égalité des droits pour tous, musulmans, chrétiens et juifs.

    Origines et jeunesse

    Salah Khalaf est né le 31 août 1933 dans le quartier d’Al-Hamam Al-Mahrouq à Jaffa, une ville côtière au nord-ouest de la Palestine alors sous mandat britannique. Issu d’une famille de classe moyenne, son père travaillait dans l’administration cadastrale de Jaffa.

    En mai 1948, fuyant les violences sionistes, il a quitté Jaffa avec sa famille pour Gaza à bord d’un petit bateau sur la Méditerranée, quelques jours avant la proclamation de l’État d’Israël.

    Il s’est marié avec une cousine résidant au Caire en juillet 1959, avec laquelle il a eu six enfants: trois garçons et trois filles.

    Études et débuts professionnels

    Salah a commencé sa scolarité à Jaffa avant de poursuivre ses études secondaires à Gaza, où il a dû travailler pour aider sa famille. Il a obtenu son diplôme secondaire en 1951, puis s’est inscrit à la faculté de langue arabe de l’université Al-Azhar au Caire.

    De retour à Gaza, il a enseigné la langue arabe dans des écoles secondaires, tout en poursuivant des études supérieures en pédagogie et psychologie à l’université Ain Shams, obtenant un diplôme en 1958.

    En 1959, il s’est installé au Koweït pour enseigner tout en développant son engagement politique jusqu’en 1967, année où il a consacré entièrement son temps à la lutte au sein du mouvement Fatah.

    Engagement politique et leadership

    Abou Iyad s’est distingué par ses talents d’orateur, sa capacité à élaborer des stratégies politiques et à diriger des négociations complexes. Il fut parmi les premiers à promouvoir une Palestine démocratique et laïque, où cohabiteraient tous les groupes religieux sur un pied d’égalité.

    Il était surnommé dans les cercles de Fatah « Gunnar Jarring de la Palestine », en référence au diplomate suédois réputé pour ses compétences en diplomatie et négociation, soulignant ses aptitudes exceptionnelles.

    Parcours militant

    Son éveil politique est précoce ; il rejoint dès l’école primaire les Ashbal al-Najada, une organisation visant à résister au mandat britannique et aux ambitions sionistes.

    Il a été arrêté pour la première fois en novembre 1945 à Jaffa, accusé d’avoir agressé un élève juif. Son activisme s’est poursuivi à Gaza, puis au Caire où il a rencontré Yasser Arafat en 1954, devenant un acteur central du mouvement étudiant palestinien puis président de l’association après le départ d’Arafat.

    À partir de 1959, au Koweït, il s’est rapproché de figures clés du mouvement national palestinien, participant à la fondation de Fatah et à la structuration de ses cellules révolutionnaires.

    En 1967, il s’est pleinement consacré à Fatah, combattant aux côtés des forces palestiniennes contre l’armée israélienne pendant la bataille d’Al-Karama en Jordanie en mars 1968.

    Il a fondé et dirigé le premier service de sécurité révolutionnaire palestinien, appelé le « service de surveillance révolutionnaire », et a participé aux affrontements de septembre noir en 1970, ce qui lui a valu d’être expulsé vers le Liban.

    Entre 1971 et 1982, au Liban, il a renforcé l’appareil sécuritaire de la révolution palestinienne et noué des liens importants avec les services de renseignement arabes. Il a survécu à plusieurs tentatives d’assassinat et dirigé la défense palestinienne durant la guerre civile libanaise et le siège israélien de Beyrouth en 1982.

    Après l’exil à Tunis, il a continué sa mission de supervision des services de sécurité de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de leader politique.

    Assassinat et héritage

    Tout au long de sa vie, Salah Khalaf a été la cible de multiples tentatives d’assassinat, attribuées principalement au Mossad israélien et parfois à des régimes arabes hostiles.

    Le 14 janvier 1991, il a été assassiné à Tunis par Hamza Abou Zeid, un agent de sécurité palestinien affilié à Sabri al-Banna (Abou Nidal), qui s’était détaché de Fatah en 1974. Trois hauts cadres palestiniens, dont Abou Iyad, ont été tués dans cette attaque.

    Les circonstances de l’assassinat restent controversées, certains attribuant l’opération au Mossad en raison des liens entre Abu Nidal et Israël, d’autres y voyant une implication du président irakien Saddam Hussein liée à des divergences politiques.

    Les corps de Salah Khalaf et ses compagnons ont été enterrés à Tunis, tandis que l’assassin a été condamné à mort après avoir reconnu sa responsabilité.

    source:https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2025/7/3/%d8%a3%d8%a8%d9%88-%d8%a5%d9%8a%d8%a7%d8%af-%d9%85%d9%86%d8%b8%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%ab%d9%88%d8%b1%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%81%d9%84%d8%b3%d8%b7%d9%8a%d9%86%d9%8a%d8%a9

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