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Dans l’affaire Le Scouarnec et l’Ordre des médecins du Finistère, des plaintes déontologiques visent trois anciens responsables de l’Ordre. Joël Le Scouarnec, chirurgien, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir agressé et violé 300 patients, quasi tous mineurs, sur plusieurs hôpitaux de l’ouest. Des décennies d’impunité auraient été dénoncées par l’association L’Enfant Bleu, qui affirme que l’Ordre a tardé à agir et à informer les pouvoirs publics. Trois plaintes déposées lundi 13 janvier, selon franceinfo, visent l’ancien président, le trésorier et le secrétaire de l’Ordre en 2006.

Affaire Le Scouarnec: trois responsables de l’ordre des médecins du Finistère visés par une plainte déontologique
Selon l’association L’Enfant Bleu, les trois médecins ont permis à Le Scouarnec de poursuivre sa pratique en dépit de sa condamnation de 2005 et de l’information fournie par le FBI sur des images pédocriminelles. Dans un compte-rendu manuscrit de l’entretien de novembre 2006, les membres de l’Ordre notent « sites porno enfants +++ » et mentionnent que Le Scouarnec, qui pratiquait auprès d »adultes et de mineurs », a demandé à être accompagné par « un tiers » pendant ses consultations « pour le protéger ». Un mois plus tard, la situation est inscrite à l’ordre du jour du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Finistère, mais non comme une question de discipline. Le Conseil décide plutôt de « laisser la DDASS gérer cette affaire ». Le président du conseil n’a « jamais informé » la DDASS du Finistère de la teneur de l’entretien ni de la délibération.

Mi-janvier: des plaintes déontologiques visant l’Ordre et appel à la transparence
Les plaintes déposées par L’Enfant Bleu dénoncent une « défaillance totale » et une « totale inertie » de trois médecins en charge de l’éthique de l’Ordre, au moment même où les preuves accablantes et les témoignages de victimes circulaient. L’association rappelle que le chirurgien était déjà connu pour des condamnations antérieures et que l’Ordre était informé que la patientèle était majoritairement composée de mineurs. Dans son plaidoyer, l’avocat de L’Enfant Bleu, Jean-Christophe Boyer, dénonce une situation marquée par une incapacité à protéger les enfants et par une volonté de laisser les choses en l’état.
Le Collectif appelle les victimes à déposer plainte à leur tour et sollicite le ministère de la Santé pour saisir la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins. L’avocat souligne que ces plaintes ne visent pas nécessairement une radiation, mais l’espoir d’un « éveil de conscience » au sein de l’institution.
Réactions et suites possibles
Contacté, l’Ordre des médecins du Finistère n’a pas encore répondu à nos questions. Selon l’avocat Jean-Christophe Boyer, cette démarche peut contribuer à éclairer des responsabilités passées et à susciter des remises en cause au sommet des instances professionnelles. « Pour l’époque, il est difficile d’imaginer une sanction immédiate, mais cela peut ouvrir la voie à une prise de conscience et à des mesures plus transparentes », précise-t-il, en référence à la notion d’un réveil nécessaire de la déontologie.