Accueil ActualitéAfrique du Sud : deux policiers reconnus coupables de meurtre après 38 ans

Afrique du Sud : deux policiers reconnus coupables de meurtre après 38 ans

par Lea
France

En Afrique du Sud, l’issue de cette affaire était attendue depuis 38 ans. En août 1987, des policiers ont fait irruption dans le domicile familial de Caiphus Nyoka, jeune militant anti-apartheid, et l’ont abattu de sang-froid. Pendant des décennies, ces agents n’ont pas été poursuivis, jusqu’à ce que le combat des sœurs de la victime et d’organisations de défense des droits humains relance l’enquête. Un procès s’est tenu et, en septembre dernier, l’un des policiers qui avait ouvert le feu a plaidé coupable et écopé d’une peine de 15 ans de prison. Le 2 décembre, à la Haute Cour de Johannesburg, deux de ses collègues ont été reconnus coupables à leur tour.

À l’extérieur du bâtiment, des militants de l’ANC brandissaient le portrait de Caiphus Nyoka, figure marquante de la lutte étudiante, et affirmaient que la démocratie est le fruit du combat mené par des générations. À l’intérieur, la Haute Cour a communiqué ses motifs: les assaillants seraient entrés dans la chambre de Nyoka non pour l’arrêter, mais pour l’abattre. L’accusé n°1 a été jugé non coupable, l’accusé n°2, qui aurait ordonné l’assassinat, a été reconnu coupable de meurtre, et l’accusé n°3 a été également reconnu coupable de meurtre.

Alice Alegria, sœur de Caiphus Nyoka, a réagi lors du prononcé: « Nous estimons que justice a été rendue. Ce verdict dépasse ce que nos familles ont vécu pendant les 38 années durant lesquelles les accusés ont mené une vie normale, pendant que la nôtre était bouleversée. Nos parents ne sont plus là pour voir ce jour, et cela rend ce moment d’autant plus douloureux. »

Les deux anciens policiers condamnés ont reçu quelques effets personnels des proches et les avocats ont annoncé une demande de libération sous caution, retardant la formalisation de la sentence. Le récit de ce procès marque une étape dans la justice transitionnelle en Afrique du Sud, 38 ans après les faits.

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire