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Al Jazeera condamne YouTube pour censure en Israël

par Sara
Israël, Palestine, Qatar

Al Jazeera a vivement condamné la décision de YouTube de se conformer à une loi israélienne interdisant les livestreams du réseau sur le territoire israélien, dénonçant une nouvelle manifestation de ce qu’il qualifie de « censure » et d’utilisation des plateformes technologiques comme instruments contre la liberté de la presse.

Blocage des flux en direct

Plusieurs chaînes du groupe, dont Al Jazeera Arabic, Al Jazeera English et Al Jazeera Mubasher, ont été rendues inaccessibles en Israël, selon le réseau. Cette mesure intervient quelques jours après qu’un responsable israélien a ordonné la prolongation pour 90 jours d’une interdiction visant les opérations d’Al Jazeera dans le pays.

Al Jazeera accuse YouTube d’avoir plié face à la pression, entraînant ce que le groupe qualifie de « censure YouTube Al Jazeera » au détriment du droit du public à l’information.

Réactions et arguments d’Al Jazeera

Dans un communiqué, le réseau a reproché à YouTube de ne pas respecter les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. Selon Al Jazeera, ces principes obligent les grandes plateformes mondiales à garantir la liberté d’expression et à résister aux pressions gouvernementales qui conduisent à la dissimulation de la vérité et au musellement du journalisme indépendant.

Le groupe a appelé YouTube et d’autres entreprises numériques à lever immédiatement l’interdiction de ses chaînes, et a invité les organisations de défense de la liberté des médias et des droits humains à condamner la répression visant les médias.

Contexte et antécédents

Al Jazeera affirme que cette décision s’inscrit dans un schéma plus large de mesures israéliennes visant le réseau : tueries et détentions de journalistes, fermeture de bureaux et saisie de matériel.

  • Depuis le début de la guerre contre Gaza en octobre 2023, plus de 270 journalistes et travailleurs des médias ont été tués, selon le décompte avancé par le réseau.
  • Parmi les victimes figurent des journalistes d’Al Jazeera, dont le correspondant Anas al-Sharif, âgé de 28 ans, tué avec trois collègues lors d’un bombardement d’une tente de presse à Gaza en août.
  • En mai 2024, le cabinet du Premier ministre a voté la fermeture des opérations d’Al Jazeera en Israël, après l’adoption d’une loi autorisant la suspension temporaire de diffuseurs étrangers jugés « menace pour la sécurité nationale ».
  • En septembre, des forces israéliennes ont perquisitionné les bureaux du réseau à Ramallah, dans les territoires occupés, confisquant du matériel et des documents.
  • En décembre, le Parlement israélien a prolongé pour deux ans la loi dite « Al Jazeera », renforçant le cadre légal des restrictions contre le réseau.

Enjeux pour la liberté de la presse

Pour Al Jazeera, la coopération de plateformes comme YouTube avec des mesures étatiques restrictives pose une question centrale : jusqu’où les entreprises technologiques doivent-elles céder aux demandes gouvernementales au risque d’affaiblir les libertés fondamentales ?

Le réseau affirme que la portée de ces décisions dépasse sa seule situation et touche l’équilibre entre sécurité nationale invoquée par des États et protection du journalisme indépendant à l’ère numérique.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/29/al-jazeera-denounces-youtubes-compliance-with-israels-ban-on-network

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