L’ancien analyste du contre-espionnage de la CIA, Aldrich Ames, est décédé en prison à l’âge de 84 ans, selon les autorités américaines. Condamné en 1994 à la prison à vie pour avoir transmis des informations sensibles à Moscou, il avait été au cœur de l’une des affaires d’espionnage les plus marquantes de l’époque. Pendant plus de trente ans, il fournissait des renseignements en échange d’argent, notamment un total de plus de 2,5 millions de dollars, soit environ 2,3 millions d’euros. Son départ laisse un chapitre sombre dans l’histoire du contre-espionnage américain.
Selon le ministère de la Justice, sa trahison aurait compromis des dizaines d’opérations et coûté la vie à une douzaine d’agents doubles travaillant pour les États-Unis. L’enquête a montré que les informations transmises à Moscou avaient des répercussions directes sur le champ opérationnel et la protection des sources humaines. Ames avait rejoint les rangs du contre-espionnage de la CIA il y a plus de 30 ans et est rapidement devenu un élément clé, avant de basculer vers l’autre camp pour de l’argent.
Avec sa compagne et ensuite épouse Rosario, il a transmis des informations à l’Union soviétique à partir de 1985. Le train de vie du couple, caractérisé par des dépenses importantes et un mode de vie luxueux, a suscité des soupçons et a facilité leur démantèlement en 1994. Cet aveu d’espionnage a été corroboré par les autorités et a mené à la condamnation de l’intéressé et à l’emprisonnement à vie.
Le ministère de la Justice rappelle que ces actes ont eu des conséquences durables pour la sécurité nationale et ont fortement entamé la confiance dans les services de renseignement américains. Ames est resté une figure emblématique de la trahison au profit d’un rival géopolitique, son dossier étant utilisé comme référence dans les formations sur le contre-espionnage. Sa mort en détention marque la fin d’un chapitre particulièrement cinglant de l’histoire.