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Le géant ferroviaire Alstom fait face aux retards croissants de sa chaîne d’approvisionnement tout en annonçant un premier semestre fiscal (d’avril à septembre) exceptionnel sur le plan financier. Le groupe français a vu sa commande augmenter de 30%, atteignant près de 11 milliards d’euros, et a enregistré un bénéfice de 53 millions d’euros, contre un résultat stable l’année précédente. Dans sa dernière mise à jour, Alstom a partagé avec ses investisseurs les mesures prises pour résoudre les problèmes d’approvisionnement et protéger ses contrats face à une possible guerre commerciale mondiale.
Retards et défis d’approvisionnement
Après la publication des résultats, la société a organisé une réunion ce jeudi avec ses investisseurs. Lors de cette conférence, Alstom a admis que 60 à 70% des retards des projets de matériel roulant sont dus aux difficultés de la chaîne d’approvisionnement. Ces défis incluent des goulets d’étranglement et des problèmes de capacité chez les fournisseurs, ainsi que des technologies émergentes qui nécessitent encore une phase de stabilisation.
Stratégie face aux tensions géopolitiques
Le PDG Henri Poupart-Lafarge a expliqué que cette situation exige une agilité sans précédent dans la gestion des opérations pour minimiser les interruptions liées à l’approvisionnement et faire face à la pénurie de composants électroniques. Il a également précisé la stratégie mise en place pour faire face à un environnement menacé par des politiques protectionnistes, notamment celles de la prochaine administration américaine.
« Par contrat, 90 à 95% de ce que nous vendons aux États-Unis est fabriqué sur place, y compris chez les fournisseurs », a-t-il déclaré, ajoutant que le groupe ne se sent pas directement affecté par les droits de douane dans ce marché, où il est un leader de la construction de trains à grande vitesse, contribuant à hauteur de plus de 700 millions d’euros au PIB local et créant 10 000 emplois directs et indirects.
Mesures préventives et clauses de protection
Malgré une demande générale robuste, Alstom reste vigilant face aux tensions géopolitiques et inflationnistes. « Concernant les droits de douane, nous intégrons des clauses d’escalade dans les nouveaux contrats. Ainsi, si une guerre commerciale éclate, non seulement aux États-Unis mais à l’échelle mondiale, ces clauses nous protégeraient dans une grande mesure pour nos projets », a-t-il expliqué.
Ces clauses permettent d’ajuster les prix des contrats en cas d’augmentation imprévue des coûts des matériaux ou de la main-d’œuvre, prenant en compte les fluctuations potentielles des prix dans un tel scénario.
Présence industrielle solide en Espagne
Alstom emploie au total 80 000 personnes à travers le monde, dont plus de 3 200 en Espagne. Le groupe dispose d’une usine de production de trains à Barcelone, de deux centres industriels de composants à Biscaye et à Madrid, ainsi que de quatre grands centres d’innovation et d’ingénierie. La présence d’Alstom en Espagne a été renforcée il y a plus de trois ans, suite à l’acquisition des actifs ferroviaires de Bombardier, intégrant ainsi près de 1 000 travailleurs dans sa force de travail.
