Accueil ActualitéAoun accuse Israël d’un ‘crime sanitaire’ au sud du Liban

Aoun accuse Israël d’un ‘crime sanitaire’ au sud du Liban

par Sara
Liban, Israël

Le président libanais Aoun a accusé Israël d’avoir commis un « crime sanitaire » après que des forces israéliennes ont pulvérisé une substance non identifiée au-dessus de localités du sud du Liban, une opération que Beyrouth qualifie de toxique. L’incident, dénoncé comme une attaque contre la santé publique et l’environnement, a provoqué la suspension d’activités de maintien de la paix et déclenché des prélèvements pour analyse.

Mesures officielles et réactions immédiates

Aoun a déclaré, selon l’agence nationale libanaise, avoir ordonné aux administrations gouvernementales de prendre toutes les mesures diplomatiques et juridiques nécessaires « pour répondre à cette agression », qu’il considère comme une violation flagrante de la souveraineté du Liban.

Par ailleurs, il a qualifié cette opération de « crime environnemental et sanitaire » ciblant les citoyens, les terres agricoles et les moyens de subsistance. Il a appelé la communauté internationale et les organismes onusiens compétents à exercer leurs responsabilités afin d’empêcher la répétition de telles actions.

Intervention de l’ONU et analyses en cours

Les forces de l’ONU au sud-Liban (UNIFIL) ont indiqué avoir été informées par l’armée israélienne de la pulvérisation d’une « substance chimique non toxique » depuis l’air dans des zones proches de la frontière. Cette annonce a conduit les casques bleus à annuler plusieurs activités sur le terrain et à se mettre à l’abri.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a précisé que les opérations de l’UNIFIL avaient été suspendues pendant plusieurs heures, puis que la force avait coopéré avec l’armée libanaise pour collecter des échantillons de la substance afin de déterminer sa toxicité. À ce stade, la nature exacte du produit reste inconnue.

Contexte du cessez-le-feu et violations répétées

Depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, les frappes israéliennes au Liban se poursuivent quasiment au quotidien, en rupture avec cet accord. Le président Aoun a qualifié l’incident de continuation de ces attaques répétées contre le pays et sa population.

Le gouvernement libanais dénonce également l’occupation de plusieurs points sur son territoire par Israël, ce qui entrave la reconstruction de villages frontaliers rasés et empêche des dizaines de milliers de personnes déplacées de regagner leur domicile.

En outre, dans une plainte déposée aux Nations unies, Beyrouth a recensé plus de deux mille violations du cessez-le-feu au cours des derniers mois, signe, selon les autorités, d’une escalade persistante des tensions le long de la frontière.

Dimension politique et rôle du Hezbollah

Sur le plan intérieur, le Liban a adopté des mesures visant à désarmer les groupes armés, dont le Hezbollah, qui a jugé une telle démarche « grave ». Le mouvement, allié à l’Iran, défend la nécessité de son arsenal pour contrer ce qu’il présente comme l’expansionnisme israélien.

Toutefois, malgré les frappes et les tensions, le Hezbollah n’a pas riposté militairement de manière significative aux attaques récurrentes. Le groupe a accepté tacitement le désarmement au sud de la rivière Litani conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, et les autorités libanaises ont annoncé avoir achevé le retrait d’armes dans cette zone.

La seconde phase du plan de désarmement prévoit désormais d’étendre le processus à la région située au sud de la rivière Awali, à une quarantaine de kilomètres au nord de la Litani.

Enjeux sanitaires et agricoles

Les autorités libanaises soulignent que de telles opérations menacent non seulement la santé des populations, mais aussi les terres agricoles et les revenus des cultivateurs. À cet égard, la notion de « pulvérisation chimique sud Liban » est désormais au cœur des préoccupations sanitaires et juridiques.

Les prélèvements effectués doivent permettre de déterminer s’il y a danger pour les civils et les casques bleus. En attendant les résultats des analyses, les responsables locaux et internationaux appellent à la prudence et à la transparence sur la nature de la substance utilisée.

Appels à la communauté internationale

Face à ce qui est présenté comme une attaque ciblant l’environnement et la santé publique, le président Aoun a demandé l’intervention d’organismes internationaux pour faire respecter les résolutions en vigueur et protéger les civils et les casques bleus au Liban.

Alors que les enquêtes se poursuivent, la situation renforce les inquiétudes sur la fragilité du cessez-le-feu et sur les risques d’une nouvelle détérioration sécuritaire le long de la frontière sud libanaise.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/2/4/health-crime-aoun-slams-israel-over-spraying-chemicals-in-south-lebanon

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