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Eddie, un retraité de 67 ans originaire de l’Ariège et passionné de triathlon, est devenu victime d’une arnaque téléphonique autour d’une amende de stationnement. En septembre 2024, il se rend à Nice pour participer aux championnats du monde et utilise PayByPhone pour régler son ticket. Peu après, un SMS de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions lui signale qu’il n’a pas réglé l’amende et que le montant va augmenter s’il ne paie pas tout de suite.

À Nice en septembre 2024: le piège d’une arnaque téléphonique
« Mon histoire est assez commune », concède Eddie. Jeune retraité de 67 ans, cet Ariégeois est un grand sportif. En septembre 2024, il se rend en voiture à Nice pour participer aux championnats du monde de triathlon. Lorsqu’il se gare en ville, il lance PayByPhone, une application qu’il a l’habitude d’utiliser, permettant de régler son stationnement via son smartphone. Il reste quatre jours sur place, ce qui lui laisse le temps d’oublier de recharger son ticket.
Quelques jours plus tard, il reçoit un SMS de l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions indiquant qu’il n’a pas réglé son amende, ce qui ne l’étonne pas: « Ça collait avec mon séjour à Nice et le fait que j’ai pu oublier de régler mon stationnement », note-t-il.
Le lendemain, le montant est annoncé comme augmentant s’il ne règle pas tout de suite et « quelques minutes après, je reçois un appel d’une personne, une voix féminine qui m’indique la démarche à suivre pour régler ça. Elle me demande alors mon numéro de carte. Il fallait agir vite, puisqu’un prélèvement de 3 800 euros allait être effectué », déroule-t-il.
« C’est là que le piège se referme : devant l’urgence de la situation et le montant élevé, Eddie s’exécute, puis raccroche. Mais un deuxième appel survient : « Une dame se présentant comme une conseillère de La Banque Postale, ma banque, m’indique par téléphone que mon numéro de carte, que j’ai donné pour régler cette amende de stationnement, a été utilisé non pas pour régler l’amende mais pour faire trois achats dont le montant s’élève au total à 3 800 euros, et qu’elle avait besoin de mon “Certicode” lui permettant d’avoir accès à mon espace utilisateur en ligne pour bloquer immédiatement ces virements » frauduleux, poursuit le retraité. Il s’exécute.
« Pensant avoir réagi au bon moment et rapidement, il est soulagé et plutôt confiant. Mais il n’a plus aucune nouvelle de cette « banquière » et a bien été prélevé des 3 800 euros. Son interlocutrice est soudainement devenue injoignable. »
Des conséquences et des réactions: le combat pour récupérer l’argent
Après ces faits, Eddie entame des démarches auprès de sa banque, monte un dossier pour tenter de se faire rembourser et dépose également une plainte. Les échanges avec sa banque sont compliqués, car il habite à la campagne et se déplace peu en agence. Malgré la sollicitation d’un médiateur de La Banque Postale, la demande de remboursement n’aboutit pas et l’établissement le déclare fautif, puisqu’il a transmis son Certicode à une personne tierce. Il reçoit toutefois, quelque temps après, un remboursement partiel de 600 euros, sans explication ni justification.
Le retraité avait envisagé une action en justice, mais s’est découragé et a préféré changer de banque. « On a l’impression que tout le monde s’en fiche », regrette-t-il. À l’inverse, « ils m’ont fait culpabiliser et m’ont pointé du doigt en me disant que j’étais le fautif », ajoute-t-il. Aujourd’hui, il est plus que vigilant: « Je ne fais absolument plus confiance. Même si mon vrai conseiller bancaire m’appelle, je préfère me déplacer, tant pis pour la route », assure-t-il. Si l’on lui demandait ce qu’il retient, c’est que « cela n’arrive pas qu’aux autres, et même lorsque l’on pense être en alerte sur ces sujets d’arnaque », affirme-t-il.
Comprendre les mécanismes et les risques des arnaques téléphoniques
Ce récit illustre les mécanismes des arnaques téléphoniques: mise en œuvre d’un premier SMS annonçant une amende puis l’appel d’une « banquière » qui demande le numéro de carte et le Certicode, et presse pour agir vite. Eddie a transmis son Certicode, croyant bloquer les virements et protéger son compte. Le cas montre aussi les difficultés rencontrées pour obtenir un remboursement auprès d’une banque après un prélèvement frauduleux.