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L’arrestation du prince Andrew — Andrew Mountbatten‑Windsor — pour suspicion de « mauvaise conduite en fonction » relance un débat juridique complexe au Royaume‑Uni, bien au‑delà du retentissement politique et médiatique. Selon The Times, cette affaire met en lumière les difficultés propres à un chef d’accusation de common law rarement appliqué. Dans ce contexte, l’expression « arrestation prince Andrew » s’est rapidement imposée dans les débats publics et juridiques.
Un délit de common law aux contours flous
La « mauvaise conduite en fonction » n’est pas définie par un texte législatif clair mais repose sur la common law, c’est‑à‑dire sur la jurisprudence. Ainsi, ses éléments constitutifs restent sujets à interprétation et suscitent régulièrement des controverses chez les juristes.
La Law Commission a elle‑même qualifié ce délit de l’un des plus difficiles à définir en Angleterre et au Pays de Galles, recommandant de le remplacer par un texte législatif précis qui en fixerait les contours. En l’état, le procureur doit démontrer l’existence d’éléments dont la preuve peut se révéler ardue.
Les obstacles juridiques à une condamnation
Pour qu’une poursuite aboutisse, plusieurs conditions doivent être établies simultanément. Premièrement, il faut démontrer que l’accusé était légalement un « employé public ». Deuxièmement, il faut prouver que l’acte intervenait dans l’exercice de ses fonctions.
Troisièmement, le ministère public doit faire la preuve d’un élément moral : que le prévenu a agi intentionnellement ou avec une indifférence téméraire envers son devoir. Enfin, le comportement allégué doit constituer une « déviation grave » par rapport aux normes acceptables, un seuil élevé qui peut être difficile à convaincre devant un jury.
- Statut d’« employé public » : incertitudes sur l’application à certains membres de la famille royale.
- Exercice effectif des fonctions : déterminer si l’acte était commis en qualité officielle.
- Preuve du mens rea : établir l’intention ou la négligence criminelle.
- Gravité du manquement : norme élevée requise pour caractériser l’infraction.
Entre droit et symbole
Politiquement, la situation est particulièrement sensible : le Premier ministre avait rappelé peu avant l’arrestation que « personne n’est au‑dessus de la loi ». Néanmoins, le simple contexte politique ou médiatique ne suffit pas à garantir une condamnation.
Conformément aux principes constitutionnels, seule la reine ou le roi bénéficie d’une immunité souveraine ; les autres membres de la famille royale peuvent, en principe, être poursuivis. Toutefois, la rareté de l’usage de cette accusation et ses difficultés techniques la rendent peu commune dans la pratique pénale.
En définitive, malgré l’attention considérable des médias et la pression politique, le parcours judiciaire qui s’ouvre après l’arrestation prince Andrew restera tributaire d’enjeux procéduraux et probatoires complexes. Autrement dit, la route vers une éventuelle condamnation s’annonce longue et juridiquement délicate.