Le président des États‑Unis a semblé temporiser sur l’imminence d’une intervention en Iran. Cette prudence a fait chuter les cours du pétrole, qui perdaient environ 3 % à l’ouverture des marchés. Les opérateurs soulignaient que l’incertitude entourant la réponse américaine s’était quelque peu dissipée. Le marché surveillait de près les évolutions géopolitiques et leurs répercussions sur l’offre mondiale.
Le baril de WTI s’établissait autour de 55,40 €, et celui de Brent autour de 59,40 €, après respectivement des baisses d’environ 3 % et 2,9 %. Au cours des jours précédents, les prix avaient connu une hausse marquée, poussés par les tensions en Iran et des échanges violents. Le marché avait initialement porté les cours à des niveaux non vus en clôture depuis trois mois. Cependant, dès l’ouverture des échanges en Asie, la tendance s’est retournée.
Craintes que la situation régionale dégénère
Les cours ont reculé après que Trump a déclaré que l’Iran pourrait s’abstenir de toute nouvelle répression meurtrière contre les manifestants, ce qui apaise les inquiétudes d’un choc d’approvisionnement. Kyle Rodda, analyste australien pour Capital.com, estime que ce positionnement reflète une pause sur les menaces et les marchés y voient un élément de stabilité. Le marché a ainsi modéré sa progression précédente, tout en restant attentif à d’éventuelles évolutions. Les observateurs notent que le contexte persiste, avec les tensions qui pourraient évoluer rapidement.
Les prix refluent car Trump a indiqué qu’il pourrait renoncer à une action militaire contre l’Iran, affirmant avoir reçu des assurances que le gouvernement iranien cesserait de tuer les manifestants, selon Michael Wan de MUFG. Cette attitude est perçue comme un facteur de stabilisation par les marchés. Les investisseurs redoutaient toutefois que les menaces américaines ne déclenchent une escalade dans le détroit d’Ormuz, voie par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial. Ormuz demeure une ligne rouge pour l’offre énergétique mondiale.
Autre risque évoqué par les marchés est un éventuel blocage des exportations iraniennes de brut par les États‑Unis, susceptible de faire grimper les prix. Face à la répression des manifestations iraniennes, Donald Trump avait annoncé lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25 % par les États‑Unis, avec effet immédiat, sans autres détails. La Chine demeure le principal partenaire commercial de l’Iran, ce qui complexifie les répercussions économiques régionales.