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Ben Gvir veut transformer les exécutions en spectacle public

par Sara
Israël, Palestine

Gideon Levy alerte sur la radicalisation croissante du discours au sein du gouvernement israélien autour de l’application de la peine de mort à l’encontre de Palestiniens. Selon son analyse publiée dans Haaretz, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chercherait à transformer les exécutions en cérémonies publiques à portée politique et symbolique, afin de renforcer sa popularité.

Une volonté de spectacle politique

Levy note que, malgré la proposition d’un membre de la commission de sécurité nationale de la Knesset en faveur de l’injection létale, Ben Gvir pousserait pour le recours au pendaison publique sur les places publiques.

Ce choix viserait, selon lui, un effet symbolique plus fort pour l’extrême droite : la scène de la mise à mort devenue moment collectif, visible et mobilisateur.

La logique évoquée est une logique de visibilité et d’opinion publique plutôt que de simple application pénale.

Exemples internationaux et mission d’étude

Des rapports indiquent qu’une délégation israélienne doit visiter des pays qui appliquent encore la peine capitale pour étudier différentes méthodes d’exécution.

La délégation pourrait comprendre des responsables religieux, des membres des services de sécurité et des experts techniques, d’après l’article.

  • Seules 23 nations continueraient, selon Levy, à appliquer la peine de mort.
  • Le choix de la méthode d’exécution (injection létale vs pendaison publique) ferait l’objet de débats politiques et symboliques intenses.

Références historiques et intensification envisagée

Le chroniqueur rappelle des cas historiques d’exécutions publiques, citant notamment la pendaison du supposé espion israélien Eli Cohen en 1965 à la place Al-Marjeh de Damas.

Il souligne toutefois que le modèle envisagé aujourd’hui en Israël serait plus rapide, sans recours possible aux appels, et teinté d’une logique de vengeance claire.

Selon Levy, l’objectif ne serait pas seulement de punir mais de montrer et de satisfaire une attente collective de « voir » la sanction.

Un potentiel événement de masse

L’auteur met en garde contre la transformation possible de l’exécution en événement festif rassemblant des milliers de personnes.

Il imagine la participation des familles, des colons et même l’intégration de telles cérémonies à des moments nationaux, comme une fête d’indépendance ou un autre jour commémoratif.

  • Des milliers de spectateurs,
  • la présence d’enfants et de générations entières,
  • une mise en scène médiatique susceptible de renforcer un nationalisme vindicatif.

Conséquences juridiques et éthiques

Levy insiste sur le fait que le projet de loi relève moins de la sécurité que d’une escalade de l’extrémisme nationaliste et vengeur.

La conversion de la peine en un « spectacle » collectif poserait un risque grave pour les normes morales et juridiques en Israël.

En transformant la sanction en outil de mobilisation politique, l’État s’exposerait à une détérioration supplémentaire de ses principes démocratiques et des droits humains.

Réactions et enjeux publics

Le débat met en lumière une polarisation profonde de la société israélienne autour des questions de sécurité, de vengeance et d’identité nationale.

Plusieurs questions restent ouvertes : qui décidera des critères d’application, quelles garanties juridiques seront maintenues, et comment la communauté internationale réagira à la mise en scène d’exécutions publiques.

Le scénario décrit par Levy illustre une dérive potentielle où la peine capitale servirait d’instrument politique plutôt que de réponse judiciaire mesurée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant à la Knesset, 20 octobre 2025

source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/11/24/%d9%87%d8%a2%d8%b1%d8%aa%d8%b3-%d9%87%d9%84-%d9%8a%d8%ad%d9%88%d9%84-%d8%a8%d9%86-%d8%ba%d9%81%d9%8a%d8%b1-%d8%a5%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%85

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