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Bonne nouvelle pour les retraités : le budget 2026 ne retient pas la suppression de l’abattement fiscal de 10% sur les pensions et maintient, selon le texte examiné ce jeudi, l’avantage actuel. L’Assemblée nationale a finalement rejeté la mesure du gouvernement qui prévoyait de remplacer cet abattement par un forfait de 2 000 euros par retraité et jusqu’à 4 000 euros pour un couple. Le vote, qui s’est tenu lors de la reprise des débats sur le projet de loi de finances pour 2026, a été largement en faveur du maintien, avec 213 voix contre 17. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions budgétaires et de calendrier chargé pour l’examen du budget de l’État et de la sécurité sociale.

À l’Assemblée, le maintien de l’abattement de 10%
Selon Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, l’objectif serait de créer de « la solidarité entre retraités » en permettant une « baisse d’impôt pour 1,6 million » des plus modestes, tout en augmentant celui des autres. « Cette mesure permet à 1,6 million de retraités de bénéficier d’une baisse d’impôt, de 139 euros en moyenne (sur un an, NDLR) », a‑t‑elle appuyé.
Mais les débats ont aussi mis en lumière des divergences de point de vue. « Il est hors de question de s’attaquer au pouvoir d’achat de ceux qui ont travaillé toute leur vie », a déclaré Laurent Wauquiez, président du groupe Les Républicains. Du côté des opposants, Nicolas Sansu a rappelé que la mesure provoquerait une hausse d’impôt « dès 1 667 euros de pension mensuelle ». Jean-Philippe Tanguy (RN) a dénoncé une proposition faisant des retraités « les nouveaux boucs émissaires d’un système en échec ».
À l’inverse, les partisans de la réforme, notamment de la majorité, ont jugé la proposition « courageuse » et ont estimé que la réforme pourrait favoriser les retraités les plus modestes, tout en réaffirmant son objectif de faire évoluer le système fiscal. Guillaume Kasbarian, député du groupe majoritaire, a qualifié la mesure de « courageuse » et a critiqué ceux qui « refusent » de supprimer « l’un des nombreux avantages fiscaux des retraités » par crainte électorale.
Réactions et clivages parlementaires
Ce vote a mis en lumière les clivages entre les groupes. L’essentiel de la gauche, l’alliance RN-UDR et des députés LR ont joint leurs voix pour s’opposer à la suppression de l’abattement et pour soutenir le statu quo, tout en rappelant les implications pour l’équilibre budgétaire et les recettes publiques. Pour certains, le coût fiscal serait d’environ 1,2 milliard d’euros, ce qui alourdit les finances publiques et la logique de solidarité entre retraités selon les partisans de la réforme.
Selon les chiffres évoqués par les opposants, l’abattement actuel bénéficie à des retraités avec des montants variables selon les situations familiales et les revenus, et sa suppression aurait entraîné une répartition différentielle. La démonstration est aussi politique, dans une année marquée par la bataille autour du budget et du calendrier législatif. Côté gouvernemental, certains estiment que cette proposition s’inscrivait dans une logique de progressivité et d’équité, tandis que les opposants craignaient une hausse d’impôt pour les foyers les plus modestes.
Calendrier et portée budgétaire
Le débat s’inscrit dans un calendrier serré pour l’examen du budget de l’État et de la sécurité sociale. Le texte prévoit encore des ajustements et des amendements : selon les éléments connus, plus de 2 100 amendements restaient à examiner sur la seule partie recettes, et un vote sur ce volet n’était pas assuré. L’ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, dans les délais constitutionnels, et l’examen se poursuit après neuf jours de pause. Le gouvernement a d’ores et déjà indiqué que « l’ensemble des amendements votés ont été transmis au Sénat », une étape clé dans le processus budgétaire.