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Le cancer de l’estomac, longtemps considéré comme une maladie redoutable, voit aujourd’hui sa prévention devenir une priorité mondiale face à une explosion anticipée des cas. Selon une étude récente du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), près de 16 millions de personnes nées entre 2008 et 2017 pourraient développer cette maladie, principalement attribuable à l’infection par la bactérie Helicobacter pylori (H. pylori). Ces projections alarmantes soulignent l’urgence d’actions coordonnées pour endiguer cette menace sanitaire mondiale.
Une augmentation du nombre de cas prévue dans le monde
D’après le rapport, le nombre de cas de cancers gastriques, actuellement estimé à 1,1 million annuellement, pourrait atteindre 15,6 millions chez cette cohorte de jeunes adultes. La majorité des nouveaux diagnostics devraient concentrés en Asie, avec près de 68 % des cas, suivent l’Amérique avec 13 %, l’Afrique à 11 %, l’Europe à 8 %, et une fraction marginale en Océanie. La croissance démographique, combinée à l’évolution des conditions sanitaires, notamment en Afrique subsaharienne où le nombre de cas pourrait être multiplié par six, aggrave ce constat préoccupant.
Le rôle central de H. pylori dans la carcinogenèse
Plus de 75 % de ces cancers sont attribuables à la bactérie H. pylori, une infection chronique extrêmement répandue dans le monde. Acquise majoritairement durant l’enfance par transmission inter-familiale, souvent liée à un mauvais assainissement, cette bactérie provoque une réponse inflammatoire persistante dans l’estomac, pouvant évoluer vers une gastrite chronique silencieuse. Chez 10 % des personnes infectées, cette infection peut évoluer vers une maladie ulcéreuse, et chez 1 %, le développement d’un cancer gastric devient probable, rendant sa prévention essentielle.
Des stratégies de prévention insuffisamment déployées
Malgré la simplicité de la prévention—dépistage ciblé et traitement antitoxine—ces mesures sont encore peu mises en œuvre dans de nombreux pays. Le Cir rappelle qu’environ 20 à 90 % des adultes dans le monde sont porteurs d’H. pylori, ce qui rend la majorité de la population vulnérable. La transmission, souvent par voie orale, pourrait être contrôlée si des programmes de détection et de traitement systématiques étaient instaurés à grande échelle.
Une volonté politique et sanitaire à renforcer
Les experts insistent sur la nécessité d’intégrer la lutte contre H. pylori dans les politiques de santé publique. Le Dr Jin Young Park, responsable de l’équipe de prévention du cancer gastric du Cir, souligne l’importance de la coordination mondiale pour faire face à cette menace grandissante. Selon lui, il faut accélérer la mise en place de projets pilotes, de programmes de dépistage et de traitement pour réduire la charge globale de cette maladie évitable.
Ce combat est d’autant plus critique que, pour le moment, l’investissement dans la prévention de ce cancer tragique reste limité, malgré son pronostic sombre. La bactérie H. pylori, en lien avec un mauvais état sanitaire et sociale, reste une cible clé pour réduire le fardeau de cette maladie dans le futur.