Capgemini a annoncé la mise en vente de sa filiale Capgemini Government Solutions, qui travaillait pour la police fédérale américaine chargée de l’immigration, l’ICE. Cette décision intervient après la polémique suscitée par un contrat avec cet organisme gouvernemental. Elle s’inscrit dans un examen plus large des activités du groupe dans ce secteur.
Le groupe précise que le processus de cession sera lancé immédiatement. Cette entité représente 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025, soit moins de 2 % du chiffre d’affaires réalisé aux États-Unis.
Selon des informations de l’association L’Observatoire des multinationales, relayées par divers médias, Capgemini aurait fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. L’agence est mobilisée dans le cadre d’une vaste campagne anti-immigration menée par le président américain Donald Trump. Ces informations alimentent les questions sur la nature et les conséquences de ces prestations.
Un conseil d’administration extraordinaire a été convoqué ce week-end. Dans un message interne adressé aux salariés, l’entreprise a indiqué que le contrat litigieux, attribué en décembre, faisait l’objet d’un recours. Le groupe a précisé vouloir clarifier les implications juridiques et opérationnelles pour la filiale et pour l’ensemble de ses activités.
Capgemini a expliqué que les contraintes légales habituelles imposées aux États-Unis pour contracter avec des entités fédérales menant des activités classifiées ne permettent pas au groupe d’exercer un contrôle approprié sur certains aspects des opérations de cette filiale. Cette situation empêchait, selon le groupe, un alignement clair avec les objectifs stratégiques du groupe et justifiait la cession.
En France, des responsables syndicaux et politiques ont interpellé le groupe sur sa responsabilité. Capgemini est côté au CAC 40 et opère dans une cinquantaine de pays.