Après l’intervention militaire au Venezuela et la capture de Nicolas Maduro, les réactions se multiplient sur fond de controverse autour du pétrole vénézuélien et de l’influence des États-Unis. Donald Trump a pris la parole pour justifier l’opération et a évoqué le rôle des compagnies pétrolières américaines dans la reconstruction des infrastructures et dans le redressement économique du pays. À Paris et dans d’autres capitales, les voix s’interrogent sur le droit international et les implications pour les marchés énergétiques. Maduro doit comparaître lundi devant un juge à New York, selon le tribunal, dans un contexte où l’armée reconnaît Delcy Rodriguez comme présidente intérimaire et où des échanges politiques s’enchaînent.


À Caracas et New York: Maduro face à la justice et les risques pour le pétrole
Nicolas Maduro comparaîtra lundi devant un juge à New York, selon le tribunal, pour signifier les charges retenues contre lui. L’armée vénézuélienne a aussi reconnu Delcy Rodriguez comme présidente intérimaire du pays; le général a cité la décision de la Cour suprême ordonnant à Delcy Rodriguez d’assumer le pouvoir pendant 90 jours, réclamant la libération de Nicolas Maduro et dénonçant l’assassinat de « sang froid » d’une partie de son équipe de protection. Le sujet ne se limite pas à la justice: le canal politique reste ouvert, et des visiteurs étrangers suivent de près les développements, tandis que Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a déclaré que parler d’élections au Venezuela était « prématuré à ce stade ».
« Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupules », déclare sur France 2 le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. « C’est pourquoi son départ est une bonne nouvelle », a-t-il poursuivi. Le ministre a toutefois rappelé que « la méthode employée contrevenait aux principes du droit international. L’usage de la force est permis mais il doit être encadré par des règles. Sans ses règles, le monde est soumis à la loi du plus fort. »
Pour Dominique de Villepin, Emmanuel Macron « se soumet » aux États-Unis de Donald Trump avec sa réaction « irresponsable » après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines. Le président français « a préféré ne pas surréagir, puisqu’il a craint à un moment donné d’irriter Donald Trump, par rapport à la décision américaine d’intervenir à Caracas parce qu’il a le sentiment de devoir mener un combat qui, pour lui, est plus important, qui est le combat de l’Ukraine. Et donc il a choisi en quelque sorte sa cible. Ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui échappe, c’est que l’ensemble de ses sujets sont aujourd’hui liés. Ne pas réagir à ce qui se passe au Venezuela, c’est s’affaiblir dans la négociation sur l’Ukraine », a-t-il développé.
Trump appelle les compagnies pétrolières américaines à investir après l’intervention
« Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes au monde, d’intervenir, d’investir des milliards de dollars, de réparer les infrastructures pétrolières gravement endommagées et de commencer à générer des revenus pour le pays », a déclaré Donald Trump après l’intervention militaire sur Caracas. Cette déclaration met en lumière l’objectif affiché de faire du secteur pétrolier une clé du redressement vénézuélien et alimente les débats sur la légitimité d’une telle implication dans une économie souveraine.
La trajectoire des cours du pétrole demeure incertaine, et les observateurs s’interrogent sur les répercussions sur les marchés énergétiques mondiaux, tout en soulignant que des tensions politiques pourraient peser sur les investissements étrangers et la stabilité régionale.