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Au troisième trimestre 2025, l’Insee publie un taux de chômage à 7,7% de la population active en France. Le chiffre confirme une légère hausse par rapport au trimestre précédent et s’accompagne d’un recul de l’emploi salarié dans le privé. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 1,6% par rapport au trimestre précédent et 60 600 postes ont été détruits sur le trimestre. La situation demeure complexe: le halo du chômage reste élevé, et les effets des réformes liées à l’apprentissage se ressentent dans les chiffres.
Chiffres clés: 7,7% et détails du trimestre
Selon l’Insee, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail est de 7,7% de la population active au troisième trimestre 2025, et la révision du deuxième trimestre porte 7,5% à 7,6%. Sur le trimestre, le chômage augmente de 0,1 point et sur un an de 0,3 point. Le nombre de chômeurs au sens BIT s’élève à 2,4 millions. Le nombre d’emplois détruits dans l’emploi salarié privé s’établit à 60 600 sur le trimestre, signe d’un durcissement du marché.
Le détail par âge montre une diminution du chômage chez les 15-24 ans, à 18,8% (-0,2 point), tandis que chez les 24-49 ans et les seniors il se révèle plus problématique: les chiffres montrent +0,5 point et +0,4 point respectivement. La part des jeunes de 15 à 29 ans ni en emploi, ni en formation ni en études recule de 0,2 point à 12,5%. Le halo autour du chômage reste stable à environ 1,9 million sur le trimestre.

Réactions et interprétations
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a salué une « situation globalement stable » et a souligné que le chômage des jeunes recule et que la part des jeunes ni en emploi ni en formation baisse également. « Les taux d’emploi et d’activité restent élevés et l’emploi en CDI progresse. Dans le contexte économique difficile que nous connaissons, ce sont des signes positifs pour l’emploi », a-t-il conclu.
Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, juge les chiffres du troisième trimestre « mauvais » et affirme que « le nombre de chômeurs a augmenté de 119 000 sur un an ». Il rappelle aussi que « depuis la crise sanitaire, malgré le peu de croissance économique, on avait beaucoup de créations d’emplois », et que « désormais, un retournement a eu lieu et il faut plus de croissance pour créer des emplois ». Il ajoute que « les gains de productivité font qu’il y a des destructions d’emplois, qui provoquent une hausse du chômage », une tendance qui, selon lui, pourrait durer jusqu’à fin 2026.
Par ailleurs, les débats portent sur les aides à l’apprentissage: en 2025, les aides pour l’accueil des étudiants en alternance ont été réduites et une proposition de suppression des exonérations de cotisations salariales pour les apprentis a été discutée, mais rejetée par les députés.
Enjeux et perspectives
Ces chiffres interviennent dans un contexte économique incertain et dans un cadre budgétaire où le gouvernement cherche à contenir le déficit tout en ajustant les aides à l’emploi. Les analystes estiment que, même si la tendance du chômage reste globalement stable, il faut une dynamique de croissance plus soutenue pour relancer durablement l’emploi et l’alternance. Le halo autour du chômage reste élevé et rappelle que des personnes peuvent sortir de la population active ou ne pas se déclarer en recherche d’emploi malgré leur situation.
Enfin, Yves Jauneau, chef de la division Synthèse et conjoncture du marché du travail de l’Insee, souligne qu’« sur le lien activité-emploi, sur les dernières années, on était plutôt à la recherche des gains de productivité perdus, on s’étonnait du fait qu’on avait finalement trop d’emplois au regard de la croissance constatée et effectivement, sur ce troisième trimestre, cela se renverse ».