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    Comment les sanctions américaines compliquent la reconstruction de la Syrie

    Syrie, États-Unis, Gulf Cooperation Council

    Des projets d’investissement ambitieux bloqués par les sanctions américaines

    Un proche du gouvernement syrien a révélé que plusieurs investisseurs du Golfe et syriens ont proposé des projets majeurs prêts à être lancés en Syrie, conditionnés par la levée des sanctions internationales.

    Ces investissements prévoient la construction d’usines d’une valeur initiale d’environ 68 milliards de dollars, générant des dizaines de milliers d’emplois, notamment dans les secteurs du ciment et de l’acier. L’objectif est de satisfaire le marché local avant d’exporter le surplus.

    Parmi les projets évoqués, la création d’une « Nouvelle ville de Damas » près de l’aéroport de Mezze sur plusieurs centaines de dunams, ainsi que la construction de villages modèles et la reconstruction des quartiers détruits, sans attendre les plans officiels de reconstruction, si les sanctions étaient levées.

    Le principal obstacle reste les sanctions américaines, qui freinent l’entrée des investissements étrangers, arabes et syriens, nécessaires pour lancer la reconstruction tant attendue.

    Combattant SDF dans une rue déserte à As Susah, Syrie, février 2019
    Un combattant des Forces démocratiques syriennes dans une rue déserte, As Susah, Syrie, février 2019.

    Des exemptions insuffisantes face aux contraintes administratives

    Le Dr Farouk Bilal, président du Conseil syrien-américain, souligne que malgré certaines exemptions sectorielles dans les sanctions américaines, les investisseurs restent freinés par la crainte d’être ciblés par le département du Trésor américain.

    Les investisseurs doivent se conformer à des contrôles rigoureux et coûteux pour garantir que leurs activités n’aident pas des secteurs sanctionnés tels que l’armée ou les services de sécurité. Toute violation peut entraîner des sanctions directes.

    Bilal rappelle une mesure administrative prise en août 2011 par l’ex-président Barack Obama, interdisant aux Syriens-américains d’investir en Syrie et empêchant l’importation de produits américains, compliquant davantage l’environnement des affaires.

    Les récentes licences générales de l’administration Biden, permettant certaines activités économiques en Syrie, sont jugées insuffisantes par leur durée limitée à six mois, ce qui ne rassure pas les investisseurs sur des projets à long terme.

    Le Conseil syrien-américain, lors de ses rencontres avec le Congrès, le département d’État et le Conseil de sécurité nationale, a accompagné des hommes d’affaires syriens-américains intéressés par des investissements dans le nord-ouest de la Syrie, une région partiellement exemptée des sanctions.

    Avec les récentes évolutions territoriales plaçant de vastes zones sous une gestion centralisée, certains investisseurs ont suspendu leurs projets, attendant des garanties écrites du Trésor américain pour éviter tout risque de sanctions.

    Un intérêt prudent des investisseurs syriens et américains

    Malgré les sanctions et les complications légales, plusieurs investisseurs syriens à l’étranger, ainsi que des Américains, manifestent un intérêt conditionnel à investir dans des secteurs clés de la Syrie, sous réserve de garanties juridiques et d’incitations protégeant leurs capitaux.

    Mesaa Qabbani, vice-présidente de l’organisation américaine Global Justice, indique que la majorité des investisseurs syriens basés aux États-Unis envisagent de revenir en Syrie avec plusieurs milliards de dollars pour investir dans des secteurs vitaux.

    Elle souligne également l’intérêt croissant des investisseurs américains dans les domaines de l’énergie et du pétrole, ainsi que dans les projets technologiques et la reconstruction des infrastructures de base.

    Ces investisseurs, principalement syriens-américains, collaborent avec d’autres investisseurs américains dans les secteurs de la technologie, de la reconstruction, de l’énergie et du gaz.

    Plusieurs délégations sont en discussion pour soutenir le développement et la reconstruction dans ces domaines prioritaires.

    Pylônes électriques dans la banlieue de Kiswah, Damas
    Le secteur énergétique syrien nécessite d’importants investissements (photo Reuters, septembre 2021).

    Des débuts encourageants malgré les obstacles

    Le businessman syrien Walid Ayyoub, revenu à Alep une semaine après la libération de la ville, a relancé ses activités commerciales et industrielles. Sa société opère désormais dans cinq pays africains et deux pays arabes, avec la Syrie comme troisième base.

    Il explique que son entreprise a commencé la production avec des capacités limitées, exportant plusieurs conteneurs vers l’Afrique, mais que les sanctions américaines restent l’un des principaux freins à leur expansion, que ce soit au niveau des transferts financiers, des déplacements ou de l’approvisionnement en matières premières.

    Les matériaux tels que l’aluminium et l’acier doivent être importés d’Europe, ce qui complique encore la situation.

    Ayyoub témoigne d’un fort désir de la part des hommes d’affaires syriens à l’étranger de revenir investir en Syrie, citant notamment un associé très enthousiaste à l’idée de lancer d’importants projets.

    Il insiste sur l’urgence de lever les sanctions pour soutenir la reconstruction économique, qui demeure le principal obstacle à l’investissement et au développement, alors que des capitaux importants seraient prêts à affluer dans un environnement juridique favorable.

    Dans un contexte d’incertitude juridique et politique persistante, les investisseurs attendent des mesures claires garantissant la sécurité de leurs investissements, tandis que les espoirs syriens restent liés à l’assouplissement des restrictions internationales pour reconstruire leur pays et relancer une économie frappée par des années de conflit.

    source:https://www.aljazeera.net/ebusiness/2025/4/29/projects-suspended-investments-us-sanctions-hindering-syria-reconstruction

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