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Condamnation en appel du président de Lille pour abus de confiance

par Lea
France

La cour d’appel de Douai a condamné, mardi 16 décembre, Damien Castelain, président de la Métropole européenne de Lille (MEL), à deux ans d’inéligibilité avec exécution provisoire pour abus de confiance et détournement de fonds publics. L’homme de 58 ans a également été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et à 20 000 euros d’amende.

Damien Castelain lors d’un reportage
Damien Castelain, Paris, le 19 février 2015

Dans son arrêt consulté par l’Agence France-Presse (AFP), la cour a pointé des dépenses personnelles réalisées entre 2016 et 2018 avec plus de 10 000 euros d’argent public : frais de spa, achats de vêtements, restaurants, usage exclusif d’un véhicule de la MEL, et un hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du Paris Saint-Germain au Parc des Princes, sans lien établi avec ses fonctions de président de la MEL.

La cour évoque également des condamnations définitives dans deux autres dossiers : un recel d’abus de confiance relatif à l’affaire dite des pierres bleues, des pavés haut de gamme offerts pour orner sa terrasse, et une affaire de prise en charge par la MEL de frais d’avocats. Ces deux affaires n’ont pas été réexaminées durant l’appel de septembre, la cour jugeant l’appel incomplet.

En première instance, en 2024, M. Castelain avait été condamné à un an de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, mais sans exécution provisoire à l’époque.

Gérald Darmanin, ministre de la justice et conseiller de la MEL pour Tourcoing, a exprimé son soutien sur les réseaux sociaux, tout en précisant qu’il ne commenterait pas une décision de justice. La MEL a indiqué que, conformément à la condamnation, M. Castelain devait se démettre de l’ensemble de ses mandats électifs et que l’intérim serait assuré par le premier vice‑président, Eric Skyronka, jusqu’à une nouvelle élection prévue en janvier 2026.

Absents lors du délibéré à Douai, M. Castelain et l’un de ses conseils n’ont pas souhaité réagir dans l’immédiat.

Le maire de Péronne-en-Mélantois, petite commune près de Lille, avait été propulsé à la présidence de la MEL en 2014 à la suite d’un accord avec Martine Aubry, maire de Lille et présidente sortante de l’intercommunalité, afin d’éviter que l’UMP, aujourd’hui Les Républicains, ne s’empare de la collectivité.

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