Accueil ActualitéSécurité et défenseConseil de la Syrie démocratique : bras politique des QSD

Conseil de la Syrie démocratique : bras politique des QSD

par Sara
Syrie, Turquie, États-Unis

Le Conseil de la Syrie démocratique (MSD) se présente comme le bras politique des Forces démocratiques syriennes (QSD). Créé en décembre 2015, il a joué un rôle central dans l’organisation civile et administrative des territoires du nord et de l’est de la Syrie, avant d’entrer en négociations avec Damas qui ont abouti à des accords d’intégration après une montée en puissance militaire début 2026.

Genèse et implantation

Le MSD a été fondé le 10 décembre 2015 à la localité d’Al-Malikiyah (Dêrik) dans la province de Hassaké. Il est né comme cadre politique visant à rassembler forces, partis et personnalités de diverses appartenances ethniques et politiques, en réponse au vide institutionnel laissé par le conflit.

À l’époque, des forces locales soutenues par une coalition internationale contrôlaient déjà de vastes zones du nord-est syrien. Ainsi, le Conseil est rapidement apparu comme l’instance civile parallèle à l’évolution militaire sur le terrain.

Organisation et mécanismes de décision

Le MSD fonctionne selon un règlement interne qui définit sa structure et ses modalités de décision. Le Congrès général constitue l’instance suprême et se réunit annuellement ou de manière extraordinaire lorsque nécessaire.

Une présidence paritaire, élue par le Congrès, assure la représentation officielle et supervise les activités des commissions. Le Conseil privilégie le principe du consensus ; en cas d’échec, les décisions sont prises à la majorité qualifiée.

Par ailleurs, plusieurs bureaux centraux — dont l’organisation, la communication, la femme, la jeunesse et les finances — encadrent l’action politique et administrative du Conseil.

Relation avec les Forces démocratiques syriennes

Le MSD est généralement considéré comme la vitrine politique des QSD, créées quelques mois plus tôt, en octobre 2015, comme alliance militaire rassemblant des composantes arabes, kurdes, assyriennes et autres.

Le Conseil assure la coordination politique et la représentation auprès d’acteurs locaux et internationaux, tandis que les QSD restent principalement focalisées sur les aspects militaires et sécuritaires. Cette symbiose a structuré la gouvernance des zones sous administration autonome.

Poids kurde et enjeux de représentation

Malgré son discours pluraliste, le MSD a été critiqué pour le poids prépondérant du composant kurde au sein de ses instances dirigeantes. Ce déséquilibre s’exprime à la fois dans les orientations politiques et dans les rapports régionaux privilégiés.

De ce fait, des observateurs et des acteurs locaux estiment qu’un fossé perdure entre l’affichage multiethnique du Conseil et ses pratiques effectives, remettant en question la représentativité réelle des autres composantes.

Accords avec Damas et résurgence du conflit

En mars 2025, des pourparlers entre la direction du MSD, souvent incarnée par le commandement des QSD, et la nouvelle équipe dirigeante syrienne ont abouti à un accord prévoyant l’intégration progressive des institutions civiles et militaires de l’administration autonome au sein de l’État syrien.

Cependant, la mise en œuvre de la plupart des clauses est restée incomplète, entraînant des accusations réciproques de non-respect et des affrontements localisés fin 2025. Au début de 2026, une offensive menée par l’armée syrienne a permis à Damas de reprendre le contrôle de larges portions de la région dite de la Jazira, y compris les provinces de Raqqa et Deir ez-Zor, auparavant sous influence du MSD.

Face à cette évolution, un nouvel accord signé le 18 janvier 2026 a entériné l’intégration des institutions civiles et militaires de l’administration autonome dans les structures gouvernementales. Les QSD ont affirmé leur engagement à respecter cet accord, ouvrant une phase de transition délicate pour l’administration locale et les populations concernées.

Personnalités marquantes

  • Riyad Darar — Élu président du Conseil en février 2017, il s’est fait connaître par son engagement dans la renaissance de la société civile dès les années 2000 et par son activisme en faveur des droits des Kurdes en Syrie.

  • Ilham Ahmed — Co-présidente depuis décembre 2015, issue du mouvement « Communauté démocratique », elle occupe un rôle central dans la représentation politique du Conseil et entretient des liens idéologiques avec le courant du Parti de l’union démocratique.

  • Haytham Manna — Fondateur du courant « Qamḥ » et ancien dirigeant de la Coordination nationale pour le changement démocratique à l’étranger, il a été co-président du MSD entre décembre 2015 et avril 2016, apportant une visibilité importante aux positions arabes et démocrates au sein du Conseil.

Perspectives

Le futur du Conseil de la Syrie démocratique dépendra largement de la mise en œuvre effective des accords conclus avec Damas et de la capacité des acteurs locaux à garantir la représentation équitable de toutes les communautés. Par ailleurs, la réintégration des institutions et la normalisation administrative restent des défis majeurs pour assurer la stabilité et la reconstruction des territoires concernés.

source:https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2026/1/26/%d9%85%d8%ac%d9%84%d8%b3-%d8%b3%d9%88%d8%b1%d9%8a%d8%a7-%d8%a7%d9%84%d8%af%d9%8a%d9%85%d9%82%d8%b1%d8%a7%d8%b7%d9%8a%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%85%d8%b8%d9%84%d8%a9

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire