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Controverse sur la coiffe des bouteilles de champagne en France

par Sara
France

Un collectif de vignerons de l’Aube et la Marne s’oppose à l’obligation de poser une coiffe d’aluminium sur les bouchons de bouteilles de champagne, alors que l’interprofession a demandé son inscription au cahier des charges de l’AOP. Verdict prévu le 26 novembre.

Une question de liberté et d’écologie

C’est une question de liberté, de créativité et d’écologie que défendent les membres du collectif « Ça décoiffe en Champagne ». Rassemblant une trentaine de vignerons, dont Adeline Bonnet, installée dans la côte des Bar à Bragelogne (Aube), le collectif s’oppose à l’obligation de la coiffe, cet habillage métallique qui surmonte le bouchon et qui est l’une des spécificités des bouteilles de champagne. Le Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC) et le Syndicat Général des Vignerons (SGV) ont demandé le 26 septembre dernier l’inscription de l’obligation de la coiffe au cahier des charges de l’appellation Champagne. L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) tranchera le 26 novembre prochain.

Alternatives à la coiffe en aluminium

Un code identitaire pour le champagne

La position de l’Interprofession est que cette coiffe représente « un code identitaire indissociable des vins de Champagne ». Dans leurs rapports, ces deux instances rappellent que cet habillage qui se déchire participe, dans l’imaginaire collectif, à la magie du champagne.

« Pour nous, c’est un texte qui va entraver la liberté de commercialiser. On invite tous les vignerons à se mobiliser pour faire pression pour contrer la modification du cahier des charges », martèle Adeline Bonnet. L’Association des champagnes biologiques, les Vignerons indépendants de Champagne et la Confédération Paysanne se sont joints au collectif dans cette démarche de contestation. Ils défendent tous la liberté de choix en matière de bouchage.

Des alternatives à la coiffe

Il existe de multiples solutions pour s’affranchir de la coiffe : agrafe, ficelle, bandelette en papier, timbre collerette… voire rien du tout, comme pour la dernière cuvée prestige lancée par Adeline Bonnet. « Quand j’ai présenté ma bouteille, ça a créé de l’étonnement chez les professionnels. L’absence de coiffe lui donne une allure différente. Selon certaines études, la coiffe renvoie à une image vieillotte du champagne. Nous l’imposer, ça serait entraver notre créativité et notre travail pour décrocher de nouveaux marchés et une clientèle plus jeune », explique-t-elle.

Des enjeux environnementaux

L’aspect environnemental fait également partie des convictions défendues par le collectif. Le bilan carbone, les problématiques d’extraction forestière ou d’aluminium sont autant de bonnes raisons pour s’affranchir d’un déchet qui représente 0,6 % des émissions de gaz à effet de serre de la filière, d’après une étude du Comité Champagne. « Ne plus utiliser de coiffe, c’est un alignement par rapport à des convictions écologiques. Si, demain, je suis obligée de remettre une coiffe sur ma dernière cuvée, ça sera un véritable crève-cœur. On m’empêcherait d’aller au bout de ma démarche juste pour des raisons de dogmatisme », regrette la vigneronne Auboise.

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