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Coupe du Monde 2026 : pourquoi aucun pays ne boycottera l’événement

par Lea
France

La Coupe du monde 2026 se déroule du 11 juin au 19 juillet et s’annonce comme l’un des rendez-vous majeurs du football mondial. À 150 jours de l’ouverture, le contexte géopolitique nourrit les débats sur un éventuel boycott, mais cette option ne paraît pas crédible à ce stade. Le paysage international est marqué par des tensions avec certains pays et des signaux d’influence des grandes puissances sur le continent sportif, sans que cela n’interrompe la préparation du tournoi prévu sur les territoires américain, canadien et mexicain.

Pour Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), aucun pays qualifié ne se retirerait pour des raisons politiques. Il estime qu’un boycott serait une punition mal venue et qu’il est peu probable qu’une telle unité voie le jour, même dans des scénarios extrêmes sur le plan international.

Le Mondial est passé de 32 à 48 équipes. Les pays susceptibles d’être concernés ne constituent pas les grandes puissances du football. L’Iran n’a jamais dépassé le premier tour, la Colombie dispute seulement sa sixième édition, l’Irak est classé 58e au classement FIFA et doit encore passer par les barrages, et Haïti n’a plus connu une Coupe du monde depuis 1974.

Selon Claude Boli, historien du sport, l’impact des petits pays sur les relations internationales via le football serait négligeable. De plus, pour les pays reconnus et devenus indépendants, leur première visibilité internationale passe par l’adhésion à la FIFA, et la Coupe du monde demeure un espace important de visibilité et de reconnaissance. Même en cas d’un scénario extrême impliquant des pressions internationales, l’unité nécessaire pour bloquer le Mondial n’est pas réaliste.

Si un gouvernement iranien ou haïtien imposait l’absence de sa sélection, cela pourrait être un coup fatal pour lui, l’opinion publique allant au-delà de la simple contestation et rendant la situation ingérable.

Sur le plan sportif, le football est souvent décrit comme plus passif que les Jeux olympiques lorsque l’on parle de boycott. L’Histoire montre que, malgré les tensions, peu de nations ont renoncé à une Coupe du monde après s’y être qualifiées. En 1958, la Turquie, l’Indonésie, le Soudan et l’Égypte avaient refusé un match de qualifications contre Israël, compromettant leur accès au Mondial. Avant 1974, l’URSS avait refusé de jouer le match retour contre le Chili après l’annonce des exactions dans le stade national de Santiago.

Le football n’est pas totalement dépourvu de dimension politique, mais les mouvements de contestation autour du Mondial restent généralement liés à des questions internes et économiques, et non à une indispensable exclusion des équipes. Comme lors du Qatar 2022, des débats existent, et le coût élevé des billets peut aussi être un facteur d’accès pour les supporters.

Les joueurs ne seraient pas nécessairement enclins à manquer ce rendez-vous. Pour le Mondial 1978 en Argentine, certains joueurs et le contexte politique avaient été évoqués comme un élément de réflexion, mais l’événement était avant tout perçu comme le rendez‑vous mondial du football, malgré les tensions. D’autres icônes du football ont exprimé leur détermination à s’y rendre, même lorsque le cadre politique était lourd, montrant que le choix peut être complexe pour les joueurs et les staffs.

Quoi qu’il arrive, le Mondial se poursuivra et restera au cœur de l’attention, malgré les débats et les défis logistiques et financiers liés à l’accès aux matchs.

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