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Crans-Montana: prise en charge des grands brûlés et coopération

par Marie
Suisse

Un incendie survenu à Crans-Montana a fait d’importants dégâts et déclenché une mobilisation sanitaire européenne pour les grands brûlés. L’hôpital organise des soins longs et complexes : réanimation, nettoyage des brûlures, greffes et rééducation, accompagnés d’un soutien psychologique. Aucun pays ne peut à lui seul absorber un afflux massif de blessés graves, ce qui explique une coopération internationale renforcée après le drame.

À Crans-Montana: des soins sur la durée pour les grands brûlés

À l’hôpital, la prise en charge des grands brûlés commence par la phase aiguë: les patients sont placés en réanimation et les pansements sont réalisés quotidiennement au début, puis tous les deux jours après quelques jours, sous anesthésie. Le but est de prévenir les infections et de surveiller les voies respiratoires et la fonction rénale, qui peuvent être compromises.

« Le patient est tout d’abord endormi, si ce n’est pas déjà fait par les services d’urgence, pour que l’on puisse mettre en place les cathéters, et faire des pansements. Cela nécessite souvent de nettoyer en profondeur la peau brûlée : cela peut prendre de trois à six heures, suivant la gravité, et se fait dans le lieu de déchocage de la réanimation », selon le Pr Nicolas Bruder.

« L’obsession des premiers jours, c’est l’hypothermie », rappelle le Pr Marie-Reine Losser, qui ajoute que « Plus la surface brûlée est importante, plus notre système cardiaque et vasculaire va se dérégler et une baisse de tension s’installer. Alors on les couvre de couvertures chauffantes, on les transporte dans un camion chauffé », précise-t-elle.

Les soins restent exigeants: pansements répétés, risque d’infection, et gestion des complications telles que les difficultés respiratoires ou l’insuffisance rénale pouvant nécessiter parfois une dialyse. Des professionnels de diverses disciplines — anesthésistes réanimateurs, infirmiers, aides-soignants, kinésithérapeutes et chirurgiens plasticiens — interviennent pour accompagner la récupération.

Soins des grands brûlés en réanimation Crans-Montana
Soins des grands brûlés en réanimation (Crans-Montana).

Coopération européenne et prise en charge transfrontière

En parallèle, l’incident a mis en lumière la coopération entre pays pour les transferts de blessés: selon Le Parisien, 19 lits d’hospitalisation ont été réservés en France pour les patients blessés, avec 15 adultes et 4 enfants, et une équipe spécialisée dépêchée sur place pour évaluer les secours en vue de leur évacuation.

Plus largement, l’organisation de la prise en charge a été décrite comme une chaîne multidisciplinaire. Des dispositifs avancés, comme des pansements dits « oxygénants », ont été évoqués comme des pistes expérimentales pour favoriser une cicatrisation dirigée lorsque les options chirurgicales sont limitées. Ces approches restent à valider scientifiquement.

La durée des soins et leur coût humain restent élevés: dans l’ensemble des cas, le parcours post‑aigu reste long et significatif. Dans certaines analyses, la durée moyenne en France pour un grand brûlé se situe entre neuf mois et un an avant une orientation vers un centre de rééducation, avec un accent sur le soutien psychologique et la réinsertion professionnelle.

Transferts de blessés vers des structures françaises
Transferts de blessés vers des structures françaises (Crans-Montana).

« A l’hôpital, le patient est ensuite mis dans un lit de réanimation et on va lui faire des pansements tous les jours, puis, au bout de trois/quatre jours, tous les deux jours, sous anesthésie », rappelle le Pr Nicolas Bruder. « On donne un antidote en cas d’inhalations de fumée, pour combattre l’effet d’un toxique, le cyanure, dégagé par la combustion des meubles », précise le Pr Marie-Reine Losser. Et l’apport de liquides est crucial: « il faut aussi lui apporter beaucoup de liquide: autour de 10 litres dans les premières 24 heures », souligne l’importance de l’hydratation dans ces situations.

« Les grands brûlés ont tous une atteinte psychologique sérieuse, du stress post-traumatique, font des cauchemars », souligne le Pr Bruder, ce qui rend essentiel le soutien psychologique et la rééducation sur le long terme. Après plusieurs mois en réanimation, les patients poursuivent leur rééducation et une adaptation à des capacités et à une vie durablement marquées par les séquelles cutanées et fonctionnelles.

Source: https://www.midilibre.fr/2026/01/03/incendie-a-crans-montana-apres-le-drame-le-temps-de-la-reconstruction-dailleurs-comment-soigne-t-on-les-grands-brules-13142074.php

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