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    Crise politique au Sud-Soudan : enjeux autour de la succession de Salva Kiir

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    Crise politique au Sud-Soudan : enjeux autour de la succession de Salva Kiir

    Les tensions politiques et militaires au Sud-Soudan, ainsi que dans ses pays voisins africains, s’intensifient en raison de divers facteurs. Récemment, des rumeurs concernant l’état de santé du président Salva Kiir Mayardit, suggérant qu’il aurait subi un AVC, ont suscité une vague d’inquiétude au sein de la société.

    La situation a été exacerbée par une rumeur de décès concernant Kiir, qui s’est finalement révélée fausse, la personne décédée étant sa sœur. Il s’agit de la deuxième fois que de telles rumeurs circulent, ce qui accentue l’instabilité et l’incertitude dans ce pays, déjà marqué par des conflits violents depuis son indépendance du Soudan en 2011.

    Salva Kiir a été vice-président du Soudan uni avant la séparation du Sud-Soudan. Il a succédé à John Garang en tant que leader du Mouvement populaire de libération du Soudan, le parti au pouvoir du pays naissant. Né en 1951 dans la région de «Gogrial» dans l’État de Bahr el Ghazal, Kiir est un général éminent de l’armée populaire, représentant une tribu qui lutte pour le pouvoir avec d’autres groupes ethniques, notamment les Dinka Bor et les Dinka Malual.

    Les Dinka, dont la classe politique et militaire est majoritairement issue, jouent un rôle central au Sud-Soudan, ce qui complique davantage la situation dans ce pays le plus récent d’Afrique. Le pays souffre d’un passé marqué par des conflits sanglants, des vagues de purification ethnique, des famines et des violences, des thèmes souvent abordés par les rapports des experts de l’ONU.

    Le report électoral : un sujet de controverse

    Les groupes politiques au pouvoir au Sud-Soudan ont constamment reporté la résolution des problèmes en raison de l’héritage de violence et des tensions ethniques. Dans ce contexte, la recherche d’élections semble aussi difficile que celle de la mythique bague de Salomon.

    Comme prévu par les observateurs, le bureau du président a récemment annoncé le report des élections prévues en décembre 2024 à décembre 2026, justifiant ce délai par la nécessité de compléter les tâches essentielles dictées par l’accord de paix, notamment la révision constitutionnelle, les recensements et la formation des commissions électorales.

    Les partenaires du Sud-Soudan et les garants de l’accord de paix ont exprimé leur déception et leur inquiétude face à cette décision, soulignant la fragilité du processus de paix dans un contexte de désaccords entre le président et son vice-président, ainsi que les luttes entre factions armées.

    Efforts infructueux et tensions persistantes

    Les pays voisins et les sponsors internationaux ont déployé d’importants efforts pour rassembler les parties sud-soudanaises lors de négociations à Nairobi. Ces discussions ont vu la participation de nombreux chefs d’État voisins, de l’Union africaine, de l’IGAD et de l’Union européenne, où le représentant américain pour la Corne de l’Afrique, Mike Hammer, a exhorté les dirigeants sud-soudanais à respecter leurs engagements.

    Les efforts régionaux ont permis d’inclure le général Paul Malong, ancien chef d’état-major, et le groupe «Front uni» dirigé par le général Yaw Yaw, dans le dialogue. Toutefois, le général Thomas Cirillo, représentant le «Front d’Equatoria», n’a pas pris part aux discussions, tout comme le Mouvement national dirigé par Emmanuel Ajawin.

    Le report des élections a remis en question ces efforts, les rendant vains face à l’évolution rapide de la situation au Sud-Soudan.

    Les enjeux de la succession de Salva Kiir

    Le report des élections de deux ans, bien qu’accepté par les deux parties, a intensifié le sentiment de frustration tant sur le plan national qu’international. Ce retard complexifie encore plus le paysage politique, surtout avec le mouvement de jeunesse actif au Kenya. Les tensions autour du pouvoir s’accentuent, et malgré les avertissements de Kiir sur les risques de guerre, le report a été maintenu.

    Le paysage politique du Sud-Soudan est dominé par plusieurs groupes en compétition pour le pouvoir, notamment :

    • Le Conseil des anciens Dinka (Jieng Council) : Réformé en 2013, ce groupe se concentre sur la protection de la tribu Dinka face aux menaces internes et externes. Souvent critiqué pour son ingérence dans les affaires de l’État, il soutient activement le président Kiir.
    • Le groupe Nuer et Riek Machar : Mené par Riek Machar, une figure historique du Mouvement populaire, ce groupe lutte pour revendiquer son pouvoir, soutenu par des forces militaires et des ressources pétrolières cruciales pour l’économie du pays.
    • D’autres groupes : Comprenant des partis signataires de l’accord (OPP) et des coalitions d’opposition (SSOA) qui appellent à un dialogue national urgent. Les «Fils de Garang» et d’autres figures historiques sont également absents de la scène politique.

    Les milices et groupes armés continuent de représenter une menace sérieuse pour la stabilité du Sud-Soudan, et tous les yeux sont rivés sur l’évolution des événements dans ce pays fragile.

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