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Une vaste panne d’électricité a plongé la majeure partie de Cuba dans le noir, y compris la capitale La Havane, a indiqué mercredi la compagnie nationale d’électricité. Selon les médias d’État, l’incident — qualifié de « panne d’électricité à Cuba » par les habitants — est lié à une défaillance survenue à la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, située à environ 100 km à l’est de La Havane. Dans la foulée, les autorités ont précisé que près des deux tiers du pays restaient privés d’électricité pendant plusieurs heures, tandis que les équipes techniques tentaient de rétablir le service. Ce nouveau blackout survient dans un contexte de tensions économiques et diplomatiques accrues pour l’île.
Origine et étendue de la coupure
Les premières informations publiées par la presse d’État cubaine attribuent la coupure à une panne à la centrale Antonio Guiteras, entraînant l’arrêt d’alimentation de la province de Pinar del Río à l’ouest jusqu’aux provinces orientales comme Las Tunas. La société nationale d’électricité (UNE) a reconnu l’ampleur de l’incident et a affirmé travailler au rétablissement progressif du courant. À La Havane, la coupure a brièvement interrompu la diffusion de la télévision d’État, dont le journal télévisé de l’après-midi a commencé avec un retard notable en raison de cette panne.
Sur le terrain, des images et témoignages rapportent des scènes de vie quotidienne transformées par le blackout : certains habitants se sont rassemblés dans la rue pour jouer aux dominos, tandis que d’autres subissaient les conséquences sur les services publics. Les autorités n’ont pas donné d’estimation immédiate du temps nécessaire pour un rétablissement complet à l’échelle nationale.
Une crise électrique chronique
La crise électrique à Cuba n’est pas nouvelle : le réseau de production est fragilisé depuis des années et connaît des coupures quotidiennes dans plusieurs régions. Dans certaines zones de l’île, des coupures pouvant aller jusqu’à vingt heures par jour sont désormais la norme, expliquent des observateurs locaux. Ces interruptions répétées s’expliquent en grande partie par le manque de carburant nécessaire au fonctionnement des centrales thermiques et par l’obsolescence des infrastructures.
La pénurie de carburant a aussi poussé le gouvernement cubain à rationner plusieurs services essentiels, affectant par exemple la collecte des déchets et les transports publics. Ces mesures, prises pour préserver le peu de ressources disponibles, accentuent les difficultés quotidiennes des habitants et créent un climat d’inquiétude face à la détérioration des conditions de vie.
Facteurs géopolitiques et approvisionnements en carburant
Le manque de carburant s’est aggravé après des bouleversements régionaux affectant les fournisseurs traditionnels. Cuba souligne que la réduction des approvisionnements provient notamment de mesures internationales visant l’approvisionnement pétrolier du pays. Selon La Havane, la situation s’est détériorée après des événements politiques au Venezuela qui ont entraîné une rupture partielle des livraisons, ce qui privait auparavant l’île d’une part importante de son combustible.
Washington affirme avoir imposé des restrictions visant le secteur pétrolier, tandis que d’autres pays de la région ont mis en garde contre les conséquences économiques d’un embargo prolongé. Ces tensions internationales pèsent désormais sur la capacité de Cuba à maintenir un approvisionnement énergétique stable.
Tensions diplomatiques avec l’Équateur
Alors que la panne affectait le pays, les relations diplomatiques entre La Havane et Quito ont pris un tour plus grave : l’Équateur a déclaré l’ambassadeur cubain Basilio Gutiérrez et l’ensemble du personnel diplomatique « persona non grata », leur accordant 48 heures pour quitter le territoire. Le ministère équatorien des Affaires étrangères a invoqué l’article 9 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, sans fournir d’explication détaillée sur les raisons précises de cette décision.
Le président équatorien est considéré comme proche d’acteurs politiques internationaux qui exercent une forte pression sur Cuba, selon des observateurs. Le gouvernement cubain, par la voix du ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla, a vivement condamné l’expulsion, la qualifiant d’arbitraire et d’injustifiée. Sur les réseaux sociaux, il a estimé que cette mesure s’inscrivait dans un contexte d’intensification de la pression étrangère contre l’île et a appelé à la solidarité des peuples latino-américains.
Impacts immédiats
- Interruption des programmes de télévision d’État et retards dans les informations nationales.
- Rationnement et perturbations des services publics, notamment la collecte des déchets et les transports.
- Incertitude pour la population face à des coupures prolongées et des capacités de rétablissement limitées.