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Cyclone Chido à Mayotte : Des bilans humains controversés

par Sara
France

À Mayotte, le bilan humain du cyclone Chido suscite des débats passionnés. Six semaines après la catastrophe, les autorités n’ont dénombré que 40 morts, accompagnés d’une quarantaine de disparus, selon le préfet François-Xavier Bieuville. Ce chiffre, qui n’a que peu évolué depuis fin décembre, est issu des données du centre hospitalier de Mamoudzou et laisse de nombreux Mahorais perplexes.

Des doutes persistants sur le bilan officiel

Dominique Voynet, ancienne directrice de l’Agence régionale de santé, déclare : « Tout le monde sait que le bilan est plus important, c’est l’éléphant au milieu de la pièce. » Elle a récemment fait adopter un amendement à une loi d’urgence pour réclamer un bilan exhaustif de la catastrophe dans un délai d’un mois. Selon elle, il est impératif de dire la vérité aux habitants.

Des chiffres contradictoires

Au lendemain du cyclone, les autorités avaient initialement évoqué « plusieurs centaines » de morts, voire « quelques milliers ». Cependant, le discours a changé avec le temps. Le 23 décembre, le Premier ministre François Bayrou a réduit l’estimation à « dizaines » et « pas des milliers ». Cette fluctuation des chiffres a provoqué colère et incompréhension parmi les élus locaux, comme le sénateur Saïd Omar Oili, qui s’interroge sur la véracité des chiffres avancés.

Paysage dévasté après le cyclone Chido

Une réalité difficile à accepter

Les témoignages de la population sont en désaccord avec le bilan officiel. À Acoua, Haïdar Attoumani Saïd, co-président de la FCPE de Mayotte, indique que le nombre réel de décès dans son village est de quatre, alors que l’État n’a enregistré qu’un mort. « On a l’impression qu’on essaie de fermer les yeux sur cette réalité, » déplore-t-il.

Des enterrements rapides soulèvent des inquiétudes

De nombreux enterrements ont été réalisés rapidement, parfois sans signalement. Nathan Weimer, bénévole à la Protection Civile, confie que beaucoup d’inhumations ont été faites clandestinement, et que le nombre de morts pourrait être bien plus élevé. « La question des enterrements effectués dans les vingt-quatre heures pour respecter le rituel musulman est cruciale, » souligne Henri Nouri, secrétaire départemental du Snes-FSU.

Appel à la transparence

Le préfet a promis une transparence totale sur le bilan final, après des enquêtes menées par les forces de l’ordre. Cependant, la méfiance demeure. « Il est impossible de concevoir que nous puissions à un moment ou à un autre invisibiliser des victimes, » déclare François-Xavier Bieuville en conférence de presse.

Vers une enquête parlementaire ?

Face aux doutes persistants, Saïd Omar Oili a demandé l’ouverture d’une commission d’enquête sur la gestion de la crise. Il souligne l’importance de clarifier la situation pour éviter de futures tragédies. « Je n’arriverai pas à faire mon deuil tant que la lumière ne sera pas faite, » affirme-t-il.

Le recensement, un enjeu crucial

La question du recensement de la population de Mayotte est primordiale pour établir un bilan précis. L’Insee estime la population à 321 000, mais des élus craignent que ce chiffre soit sous-évalué. « On fait un recensement dans un territoire où des gens entrent et sortent tous les jours, » indique Saïd Omar Oili.

Un homme reconstruit sa maison en tôle, à Mamoudzou

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