La veuve d’un patient qu’elle estime être victime de négligences dans l’organisation et le fonctionnement de l’hôpital de Chartres (Eure-et-Loir) a saisi la justice. L’affaire porte sur le décès de l’homme après plus de deux mois d’hospitalisation dans plusieurs services. Selon elle, des manquements dans la coordination entre services et l’absence de recueil de données de santé essentielles liées à sa pathologie rénale auraient aggravé son état. Le recours vise à faire toute la lumière sur les faits et les responsabilités possibles.
Le patient avait été admis en mars 2022 et était décédé le 11 mai de la même année, d’après les indications du dossier. Sa compagne affirme que ces événements témoignent d’un manque de coordination et d’un défaut de recueil de données médicales pertinentes, notamment relatives à la rénale qui compliquait sa prise en charge.
La veuve a saisi le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans pour obtenir une expertise médicale afin de déterminer si la prise en charge et les soins ont été attentifs et conformes aux données scientifiques. L’hôpital a indiqué qu’il ne s’opposait pas à l’expertise, tout en exprimant des réserves sur sa responsabilité.
Le juge a estimé que la mesure d’expertise présentait un caractère utile et a ordonné la désignation d’un cardiologue et d’un néphrologue parisien pour réaliser l’expertise. Les experts devront, d’ici mars 2026, analyser les conditions de prise en charge et porter un avis sur la pertinence des diagnostics, traitements, interventions et suivis, ainsi que sur leur conformité aux données de la science et à l’état du patient.
Ils étudieront aussi les raisons de la dégradation de l’état de santé et des complications jusqu’au décès et formuleront des conclusions sur d’éventuels manquements qui auraient pu laisser au patient une chance de guérison des lésions observées lors de sa première visite au centre hospitalier de Chartres. Si les conclusions sont jugées fondées, la compagne pourra agir en justice pour demander une indemnisation des préjudices subis.
Cette procédure vise à éclairer les responsabilités éventuelles et ne constitue pas une condamnation immédiate du centre hospitalier. Le cadre de l’expertise et les délais s’inscrivent dans le cadre d’un contrôle juridictionnel et médical.