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Dette publique et generations: Bayrou relance le débat

by charles
France

Dans le débat public autour de l’endettement et des générations, François Bayrou a tenté de recentrer la discussion sur la notion de Dette publique et générations en présentant sa «carte jeunes» et en appelant à reconnaître les jeunes face aux charges héritées, notamment des périodes de boom démographique. Son discours s’est cristallisé lors d’un déplacement à Châlons-en-Champagne et lors d’interventions télévisées qui ont alimenté la presse et les réseaux. Cette démarche intervient alors que le gouvernement cherche à obtenir la confiance de l’Assemblée nationale sur le budget 2026 et que les questions de retraite et de solidarité restent sensibles.

À Châlons-en-Champagne, Bayrou relance le débat sur la dette et les générations

Le chef du MoDem a insisté sur l’idée que les jeunes paieront la dette et que le «confort» des boomers ne peut pas être ignoré, citant les chiffres et les témoignages de jeunes qui disent avoir été oubliés par les engagements passés au nom de leurs aînés. «J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient: +Pour la première fois, on a parlé de nous+.» Par ailleurs, il a redéfini les boomer comme la génération « née entre 1945 et 1965 » et a rappelé les suites économiques post-guerre qui ont conduit à des budgets en déficit.

Un argument fort de l’autre côté du débat a été rappelé par le Premier ministre: «La dette c’est l’esclavage des plus jeunes», a-t-il martelé lors d’une intervention, en soulignant que les jeunes disposent des réseaux sociaux pour faire pression sur les appareils politiques. Cette phrase a alimenté les échanges sur les réseaux et sur les plateaux, même si d’autres ont critiqué de mettre les générations en opposition.

Photo AFP: François Bayrou lors d’un déplacement politique
Bayrou lors d’un déplacement à Châlons-en-Champagne.

Réactions et enjeux politiques

Le sujet divise et nourrit les échanges entre camps. Arnaud Péricard, maire (Horizons) de Saint-Germain-en-Laye, a réagi sur BFMTV en déclarant: «Je ne crois pas que la meilleure des méthodes soit d’opposer les actifs et les inactifs et les générations».

Quelque 11 % des retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté, a de son côté fait valoir la secrétaire nationale de la CFDT, Marylise Léon. Mais le chef du gouvernement persiste. «J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient: +Pour la première fois, on a parlé de nous+. Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français», a insisté M. Bayrou depuis la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

«Les jeunes ont bien le droit d’être respectés et soutenus au lieu d’être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu’on a pris en leur nom sans leur demander leur avis», a-t-il insisté.

«La dette c’est l’esclavage des plus jeunes», a martelé le Premier ministre en sursis, observant, comme pour mieux le souhaiter, que les «jeunes» ont «des instruments, les réseaux sociaux» pour «faire pression sur les appareils politiques».

La question de la contribution des boomers, dont la plupart sont aujourd’hui retraités, agite régulièrement le débat politique. Le président Emmanuel Macron l’a lui-même expérimenté en début de mandat: la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraités les plus aisés, ce afin de «favoriser le travail», a été fortement critiquée, jusqu’à son amenuisement au moment de la crise des gilets jaunes.

Le sujet a occupé une partie du conclave sur la réforme des retraites. «Le discours qui monte, c’est: +Vous avez eu l’âge d’or, vous avez profité, vous n’avez pas eu de chômage (…) vous avez eu l’ascenseur social, vous avez cramé la planète, et maintenant, on se retrouve avec la dette». Mais «il y a quand même des personnes qui ont de toutes petites pensions», expliquait alors un participant.

Chez les politiques, le sujet est considéré comme explosif. De nombreux partis, dont Les Républicains et le Rassemblement national, défendent ce segment de la population, le plus assidu dans l’isoloir. «A partir du moment où les retraités sont ceux qui votent le plus et qu’ils sont de plus en plus nombreux, un certain nombre de propositions sont des suicides et personne ne va les faire», expliquait il y a quelques mois un élu du bloc central.

François Bayrou, dont le bail à Matignon est sévèrement compromis par sa décision de solliciter la confiance de l’Assemblée nationale sur le constat de l’endettement et le niveau de réponse à apporter dans le budget 2026, s’affranchirait-il de ce tabou électoral? «Il reste dix jours pour convaincre, et dix jours, c’est très long», a-t-il dit vendredi depuis Châlons.

Photo AFP: Bayrou lors d’un événement politique
Bayrou sur le terrain, lors d’un échange public.

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