Table of Contents
Il y a dix ans, le 15 janvier 2015, la Suisse a vécu un choc monétaire majeur lorsque le franc suisse a été détaché de l’euro. Ce tournant a marqué un retour à l’indépendance monétaire pour le pays, avec des conséquences significatives sur son économie.
Le choc du 15 janvier 2015
À 10h30 ce jour-là, la valeur de l’euro a chuté brutalement, passant de 1,20 à moins d’un franc en quelques secondes. Ce mouvement a engendré une chute dramatique de 14 % à la bourse suisse. La décision inattendue de la Banque nationale suisse (BNS) de déconnecter le franc de l’euro a suscité des craintes quant à la stabilité économique du pays.
Crise de confiance envers la BNS
Le président de la BNS, Thomas Jordan, a été violemment critiqué. Des médias ont qualifié sa décision de « tueur d’emplois », et des illustrations le figuraient en monstre dévastateur. La confiance du public envers l’institution monétaire a été sérieusement ébranlée, d’autant plus que Jordan avait récemment affirmé qu’une appréciation du franc était inacceptable pour protéger l’économie suisse.
Les bénéfices de l’indépendance monétaire
Malgré la douleur initiale, lever le taux minimum était une décision judicieuse. Ce choix a permis à la Suisse de récupérer sa souveraineté monétaire, un atout précieux pour sa prospérité. Cette indépendance s’est manifestée lors de l’émergence mondiale de l’inflation : la hausse des prix a grimpé à 8,8 % en Allemagne et à 11,2 % en Autriche, tandis qu’en Suisse, elle n’a atteint que 3,5 %. Une monnaie forte aide à protéger le pouvoir d’achat des consommateurs.
Impact sur l’économie suisse
Les craintes selon lesquelles un franc fort nuirait à l’exportation et au tourisme se sont avérées infondées. Après le choc monétaire, la Suisse n’a pas connu de récession ni de vague de licenciements. La production industrielle a augmenté de 40 % depuis 2011, contrastant avec la baisse observée en Allemagne, malgré une dévaluation de 30 % de l’euro par rapport au franc.
Le rôle de la BNS dans le contexte actuel
La BNS a dû faire face à des pressions pour maintenir la valeur du franc. En réponse, elle a abaissé les taux d’intérêt à 0,5 %. Les craintes de l’introduction de taux d’intérêt négatifs, qui défavorisent les épargnants et font grimper les prix de l’immobilier, sont réelles. La BNS doit donc agir prudemment, surtout avec des réserves de devises atteignant 740 milliards de francs.
Conclusion : Une leçon à retenir
En fin de compte, la crise de 2015 a démontré que la force du franc suisse est un atout pour le pays. Plutôt que de lutter contre elle, la Suisse devrait valoriser cette indépendance monétaire, qui est synonyme de prospérité et de stabilité économique à long terme.