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L’entretien exceptionnel accordé par Donald Trump à The Atlantic offre un regard inédit sur son retour à la Maison-Blanche, mêlant révélations politiques et anecdotes insolites. Dans une discussion riche et parfois surprenante, le président américain dévoile sa vision du pouvoir, sa stratégie pour ce second mandat, ainsi que les transformations qu’il souhaite impulser aux institutions américaines et à l’ordre mondial. Michael Sherer, journaliste de The Atlantic, revient sur ce tête-à-tête qui éclaire profondément le trumpisme contemporain.
Un entretien hors norme marqué par un appel nocturne
Ce long échange avec Donald Trump a été tout sauf conventionnel. Après plusieurs mois d’échanges difficiles avec l’entourage présidentiel, Michael Sherer raconte comment, à la veille de finaliser l’article, Trump l’a appelé à 1h30 du matin depuis Miami, après un combat de MMA. Ce coup de fil inattendu illustre la nature imprévisible de l’homme au pouvoir.
Malgré des débuts tendus, avec des critiques publiques sur le réseau Truth Social, Trump a finalement accepté un entretien en personne à la Maison-Blanche avec Michael Sherer et le rédacteur en chef Jeffrey Goldberg. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère étonnamment cordiale, sans agressivité ni insultes.
La métamorphose du Bureau ovale, reflet d’un style baroque
Depuis son retour au pouvoir, la décoration du Bureau ovale a considérablement changé, adoptant un style résolument baroque et ostentatoire. Trump y déplace régulièrement objets d’or, trophées et portraits, symboles de puissance et de richesse à l’image de son appartement de Manhattan.
Le débat sur l’installation d’un lustre en cristal illustre parfaitement cette volonté d’afficher grandeur et faste, même si le plafond du bureau pourrait ne pas supporter son poids. Trump a par ailleurs fait appel à un artisan de Palm Beach pour décorer le plafond de feuilles d’or, témoignant de cette esthétique somptueuse.
Un Trump transformé : de la traversée du désert à un sentiment d’invincibilité
Selon Michael Sherer, la période d’éloignement des projecteurs après la défaite de 2020 a profondément changé Donald Trump. Le président évoque un sentiment d’invincibilité et une volonté accrue de remodeler les institutions américaines. Ce nouveau mandat est marqué par un désir de punir ses opposants et de reprendre en main les rouages du pouvoir.
Trump déploie une stratégie agressive en s’attaquant aux médias, aux cabinets d’avocats, aux universités, tout en excluant notamment l’Associated Press du pool de presse de la Maison-Blanche. Il exerce un pouvoir inédit, cherchant à faire table rase des contre-pouvoirs traditionnels.
La réalité économique et géopolitique face à une bulle trumpienne
Malgré cette énergie débordante, le contexte économique et international complique la donne. La politique tarifaire, notamment les droits de douane, engendre des tensions sur les marchés, tandis que les négociations pour la paix en Ukraine restent difficiles.
Trump crée autour de lui une bulle où la perception prime sur la réalité. Promoteur immobilier avant tout, il sait vendre une image et manipuler les sondages pour asseoir son influence. Si les revers s’accumulent, il les présente systématiquement comme des victoires, refusant d’admettre un échec.
Conséquences du SignalGate : Mike Waltz écarté, Pete Hegseth sous pression
Le scandale dit du SignalGate a déjà coûté son poste à Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale, tandis que Pete Hegseth, également impliqué, fait face à une situation incertaine. Waltz avait créé un groupe de discussion sur l’application Signal où des informations sensibles ont fuité.
Donald Trump, interrogé peu avant le licenciement de Waltz, se montrait conciliant envers lui, tout en protégeant pour l’instant Hegseth, malgré les problèmes de gestion dans son cabinet. Ce dernier a notamment partagé des plans d’attaque classifiés, ce qui pourrait précipiter son départ.
Une vision radicale et étendue du pouvoir présidentiel
Michael Sherer souligne que la conception du rôle présidentiel par Trump a évolué vers une forme beaucoup plus radicale que lors de son premier mandat. Il remet en cause les réformes instaurées après le Watergate, notamment les agences indépendantes et les mécanismes de contrôle éthique.
Trump conteste aussi la loi de 1970 imposant au président de dépenser les fonds alloués par le Congrès, estimant qu’il peut fixer un plafond sans plancher, ce qui lui permet de couper des programmes, y compris l’aide internationale ou le financement de l’audiovisuel public. Ces enjeux juridiques pourraient durer plusieurs années devant les tribunaux.
Un président convaincu d’agir pour le bien commun
Malgré son style controversé, Trump affirme sincèrement vouloir corriger des injustices qu’il perçoit depuis plusieurs décennies. Son discours insiste sur la protection de l’Amérique face à ce qu’il considère comme des maltraitances, notamment en matière d’immigration.
Selon Sherer, il n’y a pas de malveillance profonde chez Trump, mais plutôt une conviction authentique d’œuvrer pour le bien de la nation et de l’humanité, même si cela implique des dégâts collatéraux.
Un Trump accompli et un avenir incertain pour les États-Unis
Depuis les années 1980, Donald Trump a nourri le rêve d’accéder à la présidence. Son premier mandat lui a laissé le sentiment d’être dépassé par les événements, mais aujourd’hui, il sent qu’il maîtrise enfin son rôle et son pouvoir.
Ce second mandat s’annonce donc bien plus audacieux et agressif, avec des implications majeures pour les États-Unis et le monde. Trump reconfigure l’ordre mondial, réexamine les relations avec l’Otan, la Russie, l’Ukraine, et redéfinit l’économie globalisée.
Malgré cette ambition, personne ne sait encore comment cette présidence dynamique et controversée va se conclure.