Le président américain Donald Trump affirme vouloir intenter une action en diffamation contre la BBC, jugeant trompeur un montage lié à l’assaut du Capitole en janvier 2021. Il a précisé, lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, qu’il déposerait la plainte dans les prochaines heures, probablement cet après-midi ou demain matin. L’annonce intervient alors que la BBC fait l’objet d’un examen de ses pratiques éditoriales après des polémiques récentes. Trump a indiqué qu’il défendrait vigoureusement sa version des faits.
La BBC, institution publique longtemps populaire au Royaume‑Uni, traverse une période de turbulences après plusieurs polémiques. Elle est citée pour avoir déformé des éléments d’un discours dans le cadre du magazine Panorama diffusé en octobre 2024, juste avant la présidentielle américaine. Cette controverse alimente les critiques sur l’intégrité du reportage et les choix de montage.
Le montage est censé rassembler des extraits d’un discours prononcé le 6 janvier 2021 par des partisans de Trump à Washington et présentés comme si le président appelait ses soutiens à se rendre au Capitole pour se battre. Dans le texte intégral, Trump expliquait qu’il fallait marcher vers le Capitole et encourager les sénateurs et représentants. L’expression « se battre » provient d’un autre passage du même discours, ce qui a alimenté les accusations de manipulation. Les journalistes et les observateurs soutiennent que le montage crée une impression inexacte des propos tenus.
Face à la polémique, Tim Davie, directeur général de la BBC, et Deborah Turness, responsable de BBC News, ont pris la décision de démissionner. Tim Davie a reconnu un manquement aux règles éditoriales du groupe et a appelé à défendre le journalisme de la BBC malgré les erreurs. Le cadre a été décrit comme une crise interne qui met en question les procédures du groupe en matière de vérification et de montage.
Trump, en conflit déclaré avec la presse, a multiplié les menaces et les actions en justice contre des médias américains. Certains organes médiatiques auraient accepté de verser des sommes importantes, des millions d’euros, pour qu’il retire ses plaintes. L’affaire illustre les tensions croissantes entre les médias et l’ancien président à l’approche de nouvelles échéances politiques.