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Edip et défense européenne; déforestation en suspens

par charles
Union européenne

Le Parlement européen a posé une première pierre vers une industrie de défense européenne autonome en adoptant le programme Edip, avec 457 voix pour, 148 contre et 33 abstentions. Le règlement Edip instaure une préférence européenne et maintient l’autorité de conception dans les États membres, ce qui exclut de facto l’armement américain. Le rapporteur social-démocrate Raphaël Glucksmann parle d’un « divorce » assumé avec l’industrie américaine, que le Pentagone aurait activement tenté de torpiller. Parallèlement, la déforestation est revenue sur le devant de la scène: le Parlement européen a approuvé le report d’un an de l’entrée en vigueur d’une loi clé, suscitant débats et mises en garde sur les coûts et les implications pour les acteurs économiques.

Parlement européen et programme Edip de défense européenne
Le Parlement européen et le programme Edip pour une défense européenne.

Edip et la défense européenne: un tournant pour l’industrie européenne

Le règlement Edip instaure une préférence européenne: au moins 65 % des composants dans les achats et le maintien de l’autorité de conception au sein des États membres, ce qui exclut de facto l’armement américain. L’argent public doit aller aux entreprises produisant en Europe et la démarche vise à renforcer l’autonomie stratégique de l’Union.

Selon les rapporteurs, comme Raphaël Glucksmann, Edip représente une étape majeure sur la voie d’une industrie européenne plus indépendante des chaînes de valeur américaines, même si le texte a été accueilli avec des réserves par certaines formations politiques. Le débat a aussi mis en avant les contours de la coopération transatlantique et les tensions liées à la concurrence mondiale. Le vote, 457 pour, 148 contre, 33 abstentions, signe un appui large mais pas unanime.

Loi anti-déforestation: nouveau report et clause de revoyure

Le Parlement européen a approuvé mercredi 26 novembre le report d’un an de l’entrée en vigueur de la loi emblématique sur la déforestation. Ce report à fin 2026 a été validé par 402 voix pour et 250 contre à Strasbourg et reprend les grandes lignes d’un compromis scellé entre les États européens le 19 novembre. Une clause de revoyure en avril 2026 est également validée, pour se pencher à nouveau sur cette loi avant même son entrée en vigueur.

La réglementation vise à interdire la commercialisation en Europe de produits comme l’huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois s’ils proviennent de terres déboisées après 2020. L’Union européenne avait déjà reporté une première fois cette loi de 2024 à 2025. Parmi les critiques figure l’ONG Fern, qui a qualifié les tentatives de révision ou de destruction de la loi de « une farce », et a dénoncé les coûts supplémentaires pour les agriculteurs et les exploitants forestiers. Berlin est aussi perçu comme critique et avait poussé pour le report et la mise en place de la clause de revoyure en avril 2026.

Réactions et implications

Les ONG et certains États membres mettent en garde contre les risques d’une mise en œuvre retardée, qui pourraient affaiblir la crédibilité des engagements climatiques tout en ménageant les acteurs économiques. Dans le débat européen, l’extrême droite et une partie des centristes ont soutenu le report, tandis que la gauche s’y est opposée, comme lors des votes antérieurs sur d’autres textes environnementaux. L’Allemagne, en particulier, a exprimé des réserves et une volonté d’éviter des coûts supplémentaires pour les agriculteurs et les exploitants forestiers, tout en appelant à une définition claire des conditions de revoyure.

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