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Espionnage d’Obama par l’Allemagne : révélations choc

par Lea
France

Des communications de l’ancien président américain Barack Obama auraient été écoutées par le renseignement allemand pendant plusieurs années, y compris à bord d’Air Force One, selon Holger Stark, journaliste et auteur du livre The Grown-Up Country: Germany Without America — A Historic Opportunity, publié le 5 janvier. Le travail d’enquête décrit que le Bundesnachrichtendienst (BND), l’équivalent allemand de la DGSE, aurait intercepté certaines conversations de l’ex-président, profitant des failles techniques du système de cryptage utilisé sur le secteur aérien présidentiel. La surveillance aurait pris fin en 2014 et aurait été décidée sans l’aval d’Angela Merkel.

Écoutes des communications d Obama à bord d’Air Force One par le BND
Des conversations d Obama à bord d’Air Force One auraient été interceptées par le BND.

Informations verbales

L’opération reposait sur les vulnérabilités des appels émis depuis l’avion présidentiel: ils n’étaient pas systématiquement chiffrés et utilisaient une douzaine de fréquences identifiées par le BND. Les interceptions n’étaient pas continues, mais suffisamment régulières pour permettre la collecte de conversations du président et d’autres responsables américains à plusieurs reprises. Un ancien haut responsable de l’administration allemande a confirmé, sous couvert d’anonymat, au Washington Post que des informations verbales concernant la surveillance d’Air Force One circulaient au sein du cabinet de la chancelière. Ces informations, qualifiées de prises accessoires par certains responsables, ont été consignées dans un dossier secret destiné à un cercle restreint comprenant le président du BND, ses adjoints et le chef du département concerné. Après lecture, les transcriptions étaient détruites et seules des analyses générales sur la position américaine étaient transmises au gouvernement. Les États-Unis n’apparaissaient pas sur la liste des pays sous surveillance des agents allemands.

La pratique n’avait jamais été officiellement autorisée par Berlin et l’existence de cette collecte demeurait incertaine dans les plus hautes sphères. La chancelière Angela Merkel, qui avait publiquement dénoncé en 2013 les écoutes américaines sur son téléphone, n’aurait vraisemblablement pas été informée de la surveillance du président américain. À l’époque, le scandale des écoutes de la NSA sur Merkel avait provoqué un tollé et des parallèles avec la Stasi chez plusieurs responsables.

Date du début des écoutes inconnue

Selon Holger Stark, l’existence du dossier secret n’a été révélée que lors des enquêtes parlementaires sur le BND menées en 2014 et 2015. Le livre indique aussi que les services avaient déjà écouté d’autres responsables américains, notamment Hillary Clinton (2009-2013), ce qui avait conduit Peter Altmaier, chef de cabinet du chancelier, à mettre fin à ces pratiques en 2014. La fin de la surveillance d’Obama serait intervenue la même année, sans que le moment exact du démarrage de l’opération soit connu, ni si elle s’étendait à son prédécesseur à la Maison-Blanche, George W. Bush.

À la suite de ces révélations concernant les écoutes américaines, Angela Merkel aurait tenté de calmer les relations avec Washington, soulignant la nécessité de restaurer la confiance entre partenaires. Le BND n’a pas commenté publiquement ses activités lorsque sollicité par nos confrères.

Le contexte de ces révélations et les enquêtes parlementaires laissent à penser que les pratiques du BND restent entourées de questions, et le service a refusé de commenter publiquement les détails de ces activités.

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