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Un ancien policier de la brigade de protection des mineurs de Marseille sera jugé à Aix-en-Provence pour viols et agressions sexuelles de deux enfants des rues de Manille, deux frères âgés de 12 et 15 ans. Le procès porte aussi sur la détention d’environ 3 000 images et vidéos pédopornographiques. L’enquête ouverte en 2021 a mis au jour un parcours complexe mêlant tourisme sexuel et engagement associatif à Manille, où l’homme présidait une branche française d’une institution œuvrant pour les enfants des rues. Cinq associations de défense de l’enfance se sont constituées parties civiles. Le dossier évoque aussi l’absence attendue des deux victimes à l’audience et un débat sur l’opportunité d’un huis clos.
À Aix-en-Provence, le procès confronté à des faits reprochés
Le procès doit examiner les viols et agressions sexuelles sur deux mineurs philippins et la détention d’environ 3 000 images et vidéos pédopornographiques. Selon les sources, l’accusé aurait d’abord reconnu les faits puis les aurait contestés en audience. L’affaire a débuté à Marseille après le signalement d’un foyer; les enquêteurs ont suivi la piste d’un voyageur régulier qui se rendait chaque année aux Philippines et qui, selon l’enquête, était devenu président de la branche française d’une organisation œuvrant pour les enfants des rues à Manille.
Profil et éléments du dossier: images pédopornographiques et tourisme sexuel
Au cœur du dossier figurent quelques milliers d’images et vidéos pédopornographiques saisies lors de la perquisition du domicile en 2021, et l’enquête montre que l’accusé aurait voyagé annuellement vers les Philippines et aurait été président de la branche française d’une institution œuvrant pour les enfants des rues à Manille.
Les enquêteurs ont pu retrouver les deux victimes, des orphelins qui dormaient sur un trottoir de Manille, et qui ont reconnu sur photo « le touriste américain ». En septembre 2018, dans un terrain vague d’abord puis dans son appartement, il aurait monnayé des relations sexuelles pour quelques milliers de pesos, soit quelques dizaines d’euros.
Parlant d’un « engrenage », l’accusé évoque dans un courrier « une curiosité devenue addictive, l’envie de toujours en voir plus. Quand j’avais cet éclair de lucidité je fermais l’ordinateur, dégoûté. Et le pire c’est que le lendemain, ça me donnait la niaque pour le boulot, protéger ces enfants ».
La personnalité de cet homme est décrite comme atteinte du « Syndrome de Peter Pan », selon un expert-psychologue interrogé dans l’enquête. L’enquête montre qu’il se présentait aussi comme le tiers de confiance d’un filleul fictif nommé Gabin, image empruntée sur les réseaux sociaux.
Conclusions, victimes absentes et réactions des associations
Cinq associations de défense de l’enfance se sont constituées parties civiles et décrivent les faits comme « un schéma machiavélique ». « Nous sommes face à un schéma machiavélique, un mode opératoire assez inédit dans le fait de s’ériger en ambassadeur de la protection de l’enfance et, sous cette casquette, de remplir des missions policières et humanitaires », a déclaré Me Céline Astolfe, avocate de la Fondation pour l’enfance.
Pour elle, ce procès doit être « l’occasion de redire l’importance de la prévention et de la formation de tous les acteurs au contact des mineurs ». Contactée par l’AFP, l’avocate de l’accusé n’a pas souhaité s’exprimer avant l’ouverture des débats.