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La famille de Leqaa Kordia réclame sa libération après que la jeune femme de 33 ans a été évacuée d’urgence d’un centre de détention pour immigrés au Texas vers un hôpital la semaine dernière. Selon ses proches, la période de silence qui a suivi l’hospitalisation — plus de douze heures sans information — a provoqué une vive inquiétude et des craintes pour sa survie. Le cas de Leqaa Kordia met en lumière les risques sanitaires liés à sa détention et relance les appels à sa remise en liberté.
Hospitalisation et silence
La famille et les avocats de Leqaa Kordia expliquent qu’ils ont été tenus dans l’ignorance pendant de longues heures après le transfert vers l’hôpital. Son cousin a décrit une situation où « on nous a opposé un silence total », rendant les proches incapables de connaître sa localisation ou son état.
Les jours suivants, la famille a appris que Kordia avait fait une crise convulsive. Elle a depuis été autorisée à sortir de l’hôpital, mais les contacts avec elle sont restés brefs et sporadiques, selon ses représentants.
Une détention contestée
La hospitalisation survient alors que Leqaa Kordia est en détention depuis presque un an, une situation qualifiée d’arbitraire par ses soutiens. Son incarcération a commencé après sa participation à des manifestations pro‑Palestine à l’université Columbia en 2024. À ce jour, elle demeure la seule personne liée à ces rassemblements encore détenue par les autorités de l’immigration.
Amnesty International a demandé sa libération en soulignant que sa détention relève, selon l’organisation, d’une atteinte à la liberté d’expression et au droit de manifester. Un responsable d’Amnesty a demandé une remise en liberté immédiate et a réclamé des comptes pour ce qu’il qualifie de violation flagrante des droits humains.
Sur le plan juridique, les avocats de Kordia notent que des juges fédéraux ont à deux reprises estimé qu’elle pouvait être libérée sous caution. Pourtant, sa remise en liberté a été empêchée après que des responsables de l’immigration ont déposé des demandes de suspension discrétionnaire, maintenant ainsi sa détention le temps que l’État fasse appel.
Origines du dossier et arguments des autorités
Kordia est arrivée aux États‑Unis en 2016, originaire de Ramallah, en Cisjordanie occupée. D’abord entrée avec un visa de visite, elle est passée ensuite sur un visa étudiant et, plus tard, a engagé une procédure de demande de résidence permanente au titre d’un parent citoyen américain.
Ses conseils affirment qu’elle a été mal conseillée par une personne en qui elle avait confiance, ce qui l’a conduite à laisser expirer son visa étudiant. Les autorités de l’immigration, elles, soutiennent que son placement en détention résulte d’un dépassement de séjour et non de son activisme politique. Dans une déclaration antérieure, un responsable de l’administration a en outre laissé entendre que la participation à des actions prônant la violence pouvait justifier la révocation d’un visa.
Conditions de détention et état de santé
Leqaa Kordia a été transférée au centre de détention de Prairieland, situé à plusieurs milliers de kilomètres de sa famille installée dans le New Jersey. Ses proches dénoncent la distance et l’isolement imposés par ce choix d’emplacement.
Une visite effectuée en décembre par une militante et auteure a décrit une détenue « très maigre, très affaiblie », se plaignant des conditions insalubres et du manque d’aliments nutritifs dans un établissement surpeuplé. Les avocats et la famille rapportent des épisodes répétés de vertiges, d’évanouissements et d’autres signes liés à une nutrition insuffisante.
Malgré son état, plusieurs témoins soulignent que Kordia continue d’apporter du soutien aux autres détenus. Ils la décrivent comme modeste et peu encline à se présenter comme une leader, mais néanmoins poussée à agir par une conscience morale profonde et les pertes personnelles qu’elle a subies.
Appels à la clémence et à la responsabilité
La famille rappelle que près de 200 membres de son entourage ont été tués dans le conflit à Gaza, un motif personnel puissant derrière son engagement. Ses proches exigent désormais des responsables américains, toutes tendances politiques confondues, qu’ils fassent preuve d’empathie et prennent en compte l’impact humain de cette détention.
Alors que les recours juridiques se poursuivent, les défenseurs des droits demandent non seulement la libération immédiate de Leqaa Kordia mais aussi des mesures de reddition de comptes pour ce qu’ils qualifient de traitement inacceptable en détention. Les appels mettent en avant l’urgence médicale et le risque que sa santé continue de se dégrader si elle reste privée de liberté.