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FBI demande des auditions après la vidéo de démocrates aux troupes

par Sara
États-Unis

Le FBI a demandé l’audition de six élus démocrates apparus dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où ils exhortaient les membres des forces armées américaines à « refuser des ordres illégaux », ont déclaré ces parlementaires. L’affaire a relancé les tensions entre l’administration et des élus opposés au président, et alimente les débats sur les obligations légales des militaires.

Demande d’auditions et contexte

Selon la sénatrice Elissa Slotkin (Michigan), la division contre le terrorisme du FBI a envoyé une note aux membres du Congrès indiquant l’ouverture d’une « enquête » concernant les six élus. Slotkin a qualifié cette démarche de « tactique d’intimidation » politique.

Le développement survient après que le Pentagone a annoncé examiner les propos du sénateur Mark Kelly, ancien pilote de la Navy et l’un des six, pour d’éventuelles violations du droit militaire. Le mémo du secrétaire à la Défense demandait un rapport sur l’issue de l’examen d’ici le 10 décembre.

Qui sont les élus concernés ?

Les six parlementaires présents dans la vidéo ont tous servi dans l’armée ou les services de renseignement américains. Parmi eux figurent :

  • Le sénateur Mark Kelly (ancien pilote et astronaute)
  • La sénatrice Elissa Slotkin
  • Les représentants Jason Crow, Maggie Goodlander, Chris Deluzio et Chrissy Houlahan

Ces élus ont déclaré que leurs déclarations respectaient le droit américain et rappelaient que les militaires prêtent serment à la Constitution, et non au président.

Positions des élus et réactions

Les parlementaires ont affirmé que les propos tenaient compte du principe selon lequel les soldats doivent obéir à « tout ordre général ou règlement licite ». Ils ont ajouté que l’intimidation ne les empêcherait pas de remplir leurs fonctions et d’honorer la Constitution.

Les quatre représentants ont accusé le président Donald Trump d’utiliser le FBI comme « outil d’intimidation et de harcèlement » contre des membres du Congrès. Ils ont précisé que le FBI avait contacté les sergents d’armes de la Chambre et du Sénat pour solliciter des auditions.

Réponse de l’administration et enquête du FBI

Le FBI, dirigé par Kash Patel, un nommé de l’administration, n’a pas précisé les motifs exacts pour lesquels il cherche à rencontrer les élus. Patel a qualifié l’enquête d’« affaire en cours » et indiqué que la décision d’ouvrir une enquête repose sur des agents et analystes de carrière.

Selon l’agence Reuters, citant un responsable du ministère de la Justice, les auditions visent à déterminer « s’il y a eu un acte répréhensible » puis à décider des suites à donner.

Intervention du Pentagone

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a renvoyé le cas du sénateur Kelly au secrétaire de la Marine pour des « commentaires potentiellement illégaux » tenus dans la vidéo. Hegseth a demandé un compte rendu du contrôle effectué par le département d’ici début décembre.

Ces démarches combinées du FBI et du Pentagone représentent une escalation inhabituelle pour des institutions fédérales qui évitent généralement les affrontements partisans. Elles reflètent aussi la volonté de l’administration de pousser les limites juridiques face à ses critiques.

Critiques bipartisanes et défense des élus

La démarche a attiré des critiques venant également de républicains. La sénatrice Lisa Murkowski (Alaska) a condamné l’accusation de « trahison et sédition » pour avoir simplement rappelé que les militaires peuvent refuser des ordres illégaux.

Murkowski a estimé que le département de la Défense et le FBI avaient des priorités plus importantes qu’une « enquête frivole ». De leur côté, les élus concernés ont déclaré n’avoir aucune information supplémentaire à communiquer pour le moment.

Encadrement légal et implications

Les parlementaires ont rappelé que les forces armées ont l’obligation de rejeter les ordres manifestement illégaux, une règle bien établie dans le droit militaire. Les tribunaux ont aussi historiquement rejeté la défense du « simple obéir aux ordres », connue comme la défense de Nuremberg, pour exonérer des responsabilités.

Dans la vidéo, les élus demandaient aux soldats de « défendre nos lois … notre Constitution » et indiquaient que « vous pouvez refuser des ordres illégaux ». Ils n’ont toutefois pas évoqué de situations concrètes précises.

Facteurs déclencheurs et préoccupations des militaires

Elissa Slotkin a expliqué que le message n’était pas suscité par un incident isolé mais par la multiplication de signalements de militaires inquiets d’être rappelés ou déployés pour des missions litigieuses. Elle a cité des ordres relatifs à l’usage de la force contre des embarcations suspectes et des tentatives d’utiliser la Garde nationale dans des villes américaines comme exemples des préoccupations soulevées.

Les commandants en uniforme ont des obligations spécifiques pour évaluer et rejeter des ordres illégaux, mais la situation met en lumière la difficulté de concilier discipline militaire et protection des droits constitutionnels.

Lectures complémentaires

Pour en savoir plus sur la vidéo et le contexte de l’affaire :

  • Vidéo des déclarations : https://www.aljazeera.com/video/newsfeed/2025/11/21/punishable-by-death-trump-accuses-democratic-lawmakers-of-sedition
  • Profil du sénateur Mark Kelly et accusations : https://www.aljazeera.com/news/2025/11/25/who-is-mark-kelly-and-why-is-the-us-senator-accused-of-sedition
  • Enquête du Pentagone : https://www.aljazeera.com/news/2025/11/24/pentagon-says-it-is-investigating-us-senator-over-illegal-orders-video

Le thème central de cette affaire — FBI enquête démocrates — illustre la tension actuelle entre sécurité institutionnelle et débats politiques au sein des États-Unis.

source:https://www.aljazeera.com/news/2025/11/26/fbi-probes-democrats-who-urged-us-troops-to-defy-illegal-orders

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