En retrait jusqu’ici, la FNSEA, Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, a récemment menacé de durcir le ton face aux accords commerciaux entre l’Union européenne et le Mercosur. Son président, Arnaud Rousseau, a déclaré sur France Inter que des mobilisations beaucoup plus importantes pourraient être organisées si le texte est signé d’ici la fin de la semaine. Il a précisé que chacun déciderait de la forme d’action, allant d’un contrôle des importations dans les ports à des appels à l’opinion publique.
Jusqu’à présent, la FNSEA s’était tenue à l’écart des blocages menés par la Confédération paysanne, préférant privilégier le dialogue avec le gouvernement. Cette retenue tient autant à sa proximité historique avec le pouvoir qu’à la crainte d’apparaître comme un suiveur de l’action plus revendicative du syndicat rival.

« Si le consensus scientifique évolue, nous évoluerons », a rappelé Arnaud Rousseau. Pour l’instant, il estime que la colère n’est pas une surprise: elle s’était exprimée il y a deux ans lorsque les agriculteurs dénonçaient l’absence de vision pour leur filière et le besoin d’une réaction forte, avec des indicateurs au rouge. Ce qui se passe aujourd’hui était malheureusement prévisible.
La crise sanitaire de la dermatose nodulaire est présentée comme le déclencheur d’un malaise plus ancien. Présente depuis le mois de juin, cette maladie virale a frappé les élevages bovins et a mobilisé le syndicat pour limiter les pertes tout en évitant un effondrement des prix. La FNSEA défend la stratégie gouvernementale — abattage des troupeaux infectés et vaccination massive — en la justifiant par le consensus scientifique. « Cette ligne est difficile à tenir dans le climat actuel », admet Rousseau.

Pour autant, la FNSEA dit rester ouverte à une évolution du protocole si les experts l’estiment nécessaire. « J’entends les collègues qui m’appellent, toutes les minutes, pour me dire : « est-ce qu’on ne peut pas faire évoluer ce protocole ? » Nous l’avons demandé au gouvernement; j’ai entendu que la ministre mettait en place une commission indépendante avec des scientifiques : si le consensus évolue, nous évoluerons », a-t-il ajouté.
Un total de 750 000 bovins seront vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse, selon les autorités, dans le cadre d’une campagne visant à limiter la propagation du virus et à protéger les marchés.
