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Des centaines de Palestiniens ont abandonné Gaza City, entassant leurs dernières possessions sur des pick-up et des charrettes tirées par des ânes, alors que les bombardements meurtriers israéliens et une campagne de déplacement forcé s’intensifient dans la région. Cette fuite massive reflète l’effondrement des conditions de vie et la multiplication des déplacements internes dans la bande de Gaza.
Déplacements massifs et conditions de vie
De nombreuses familles, déjà déplacées une première fois, ont fui de nouveau vers l’ouest, s’installant sommairement en tentes dans une zone située à l’ouest du camp de réfugiés de Nuseirat, au sud de Gaza City, près de Deir el-Balah.
Plusieurs déplacés racontent l’angoisse et l’incertitude qui les accompagnent :
- Mohammed Maarouf, 50 ans, a déclaré se sentir « jeté dans la rue » et a comparé le traitement réservé aux habitants à celui des animaux, soulignant l’absence de logement et la précarité de sa famille de neuf personnes.
- Mohammed Abu Warda a expliqué avoir fui Jabalia et cherché refuge sur le flanc ouest de Gaza City, sans savoir précisément où s’installer, évoquant l’insécurité généralisée et les attaques « partout ».
Les personnes déplacées rapportent des conditions misérables : manque d’eau, de nourriture et d’abris appropriés, alors que les attaques visent de multiples secteurs de la ville.
Intensification des frappes et bilan humain
Depuis le début du mois d’août, les forces israéliennes ont intensifié les bombardements sur Gaza City dans le cadre d’une offensive visant à prendre le contrôle de la ville et à déplacer près d’un million d’habitants.
Les hôpitaux ont signalé au moins 71 Palestiniens tués lors des attaques à travers Gaza un samedi récent, dont 41 à Gaza City :
- Au moins 11 personnes ont été tuées alors qu’elles faisaient la queue pour du pain auprès de fours desservant des communautés de déplacés.
- Sept Palestiniens ont péri dans une série d’attaques touchant un immeuble résidentiel très peuplé de la ville ; des sauveteurs fouillaient les décombres pour retrouver des corps et d’éventuels survivants.
Selon des correspondants, maisons et centres communautaires ont été réduits en décombres, menaçant l’existence même de la vie civile dans la zone ciblée.
Risques de déplacement forcé à grande échelle
L’opération militaire, que l’armée israélienne a qualifiée d’« étapes initiales » d’une offensive, a conduit à la déclaration de Gaza City comme « zone de combat ». Des agences humanitaires estiment que cette opération pourrait entraîner le déplacement forcé d’environ un million de Palestiniens vers des zones de concentration dans le sud de la bande de Gaza.
L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a mis en garde contre les conséquences humanitaires dramatiques d’un tel exode massif.
Réactions et condamnations internationales
Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric Egger, a exprimé de vives réserves sur la possibilité d’une évacuation sûre et digne de Gaza City dans les conditions actuelles, qualifiant le plan d’« incompréhensible » et « irréalisable ».
Des voix critiques au sein d’Israël, comme le chroniqueur Gideon Levy, estiment que la stratégie globale revient à une forme d’épuration ethnique, visant à expulser les habitants, les concentrer dans des camps, puis leur laisser deux choix dramatiques : y rester indéfiniment ou quitter la bande de Gaza.
Contexte politique et soutien extérieur
Le gouvernement israélien, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, n’a montré aucune intention d’interrompre l’offensive, malgré les condamnations internationales. Les tensions s’amplifient alors que des responsables politiques évoquent diverses options pour la suite du conflit.
Les États-Unis ont continué d’apporter un soutien militaire important à Israël depuis le début du conflit en octobre 2023, tout en protégeant fréquemment leur allié des démarches de responsabilisation sur la scène internationale. Des propos antérieurs de figures politiques américaines, évoquant l’éventualité d’un transfert complet des Palestiniens hors de Gaza, ont été qualifiés de plan constituant un crime contre l’humanité par des observateurs et des acteurs humanitaires.
Images et témoignages sur le terrain
Des images montrent des camions et véhicules longeant la route côtière près du camp de Nuseirat, alors que des pêcheurs tirent leurs filets sur une plage du centre de la bande de Gaza. Ces scènes illustrent la vie qui tente de subsister malgré les destructions et les déplacements.
Sur le terrain, la détresse humanitaire se combine à la peur permanente des nouvelles attaques, rendant l’accès à l’aide et aux services de base de plus en plus difficile pour des milliers de familles.
Points clés
- Fuite massive des populations de Gaza City vers l’ouest et le sud, avec installations précaires près de Nuseirat.
- Frappes intensifiées depuis début août ; Gaza City déclarée « zone de combat » par l’armée israélienne.
- Au moins 71 morts à Gaza lors d’une journée d’attaques, dont 41 à Gaza City et des victimes parmi des civils faisant la queue pour du pain.
- Avertissements d’ONG et d’agences humanitaires sur le risque d’un déplacement forcé d’environ un million de personnes et sur l’impossibilité d’une évacuation sûre et digne.