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G20 à Johannesburg : déclaration priorise les pays en développement

par Sara
Afrique du Sud, États-Unis, Soudan, République démocratique du Congo, Palestine, Ukraine

La déclaration finale du sommet du G20 à Johannesburg affirme que le groupe travaillera à la résolution des conflits armés et à l’allégement du fardeau des pays en développement.
Réuni pour la première fois sur le continent africain, le sommet a entamé sa première journée avec un ordre du jour ambitieux visant à progresser sur des problématiques anciennes qui pèsent sur les nations les plus pauvres.

Axes principaux de la déclaration

Le document adopté indique que le G20 œuvrera pour une paix globale et durable au Soudan, en République démocratique du Congo, dans le territoire palestinien occupé et en Ukraine.
Il met également un accent marqué sur l’importance du changement climatique et sur ses effets disproportionnés sur les populations vulnérables.

La déclaration souligne que les catastrophes à grande échelle aggravent la pauvreté et les inégalités et rappelle que le niveau élevé d’endettement constitue un obstacle à une croissance inclusive pour de nombreuses économies en développement.

  • Paix et sécurité : appui à des solutions durables pour plusieurs zones de conflit.
  • Climat : reconnaissance de la gravité du changement climatique et de ses impacts sociaux et économiques.
  • Dette : engagement à renforcer les mécanismes de traitement de la dette.
  • Ressources : promotion de la transformation locale des minerais critiques pour un développement plus large.

La déclaration précise : « Nous nous engageons à renforcer la mise en œuvre du cadre commun du G20 pour le traitement de la dette de manière prévisible, rapide, ordonnée et coordonnée. »

Elle ajoute : « Les minerais critiques devraient devenir un catalyseur pour l’ajout de valeur et un développement largement partagé, plutôt que de simples exportations de matières premières. »

Discours d’ouverture et priorités sud-africaines

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré lors de son allocution d’ouverture que Johannesburg cherchait à préserver l’intégrité et le prestige du G20, tout en veillant à ce que les priorités de développement du Sud global et de l’Afrique soient reflétées à l’agenda du groupe.

Plusieurs priorités défendues par l’Afrique du Sud, notamment l’accent sur le climat et ses répercussions pour les pays en développement, ont rencontré une résistance notable de la part des États-Unis.

Tension diplomatique et boycott américain

Les États-Unis ont boycotté le sommet, exigeant initialement qu’aucune déclaration ne soit émise, exigence rejetée catégoriquement par Ramaphosa.
La rupture diplomatique entre Washington et Pretoria s’est approfondie dans les mois précédant le sommet, mais plusieurs dirigeants ont souhaité dépasser ce différend pour se concentrer sur l’agenda.

Le président français Emmanuel Macron s’est dit « désolé » de l’absence de Donald Trump, mais a appelé à ne pas laisser ce vide entraver les travaux : « Notre devoir est d’être présents, de nous engager et de travailler tous ensemble car nous avons tant de défis. »

L’administration Trump a justifié le boycott par des accusations sans fondement selon lesquelles l’Afrique du Sud mènerait des politiques racistes anti-blancs et persécuterait sa minorité afrikaner.
En début d’année, la Maison-Blanche a clairement affiché son opposition au programme sud-africain du G20 dès l’organisation des réunions préparatoires.

Par ailleurs, le secrétaire d’État américain au moment des réunions préliminaires, Marco Rubio, avait boudé la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 en février, qualifiant l’ordre du jour d’axé essentiellement sur la diversité, l’équité, l’inclusion et le changement climatique, et affirmant qu’il ne « gaspillerait pas l’argent des contribuables américains » pour cela.

Réactions internationales et rôle des Nations unies

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué les efforts de l’Afrique du Sud en déclarant qu’elle avait « fait sa part en mettant ces sujets clairement sur la table ».
Il a toutefois mis en garde que les pays riches n’avaient pas toujours consenti aux concessions nécessaires pour conclure des accords climatiques ou des réformes financières globales efficaces.

Vue d’ensemble du G20 et de son fonctionnement

Le G20 est en réalité composé de 21 membres : 19 pays, l’Union européenne et l’Union africaine.
Le groupe a été créé en 1999 pour servir de passerelle entre pays riches et pays pauvres afin de faire face aux crises financières mondiales.

Ensemble, les membres du G20 représentent environ 85 % de l’économie mondiale, 75 % du commerce international et plus de la moitié de la population mondiale.
Toutefois, le G20 fonctionne sur la base du consensus et non par des résolutions contraignantes, ce qui rend parfois difficiles les compromis entre intérêts divergents de ses membres.

Une image du sommet

Vue générale de la salle plénière lors du premier jour du sommet du G20 à Johannesburg.

Vue générale de la salle plénière lors du premier jour du sommet du G20 à Johannesburg

Points clés à retenir

  • La déclaration finale met l’accent sur la paix pour le Soudan, la RDC, la Palestine et l’Ukraine.
  • Le texte insiste sur l’action climatique, l’allègement de la dette et la transformation locale des ressources naturelles.
  • Le boycott des États-Unis a marqué le sommet, mais d’autres pays ont cherché à maintenir le cap sur l’agenda.
  • Le G20 à Johannesburg illustre la montée en puissance des revendications du Sud global au sein des principales instances économiques mondiales.
source:https://www.aljazeera.com/news/2025/11/22/south-africa-seeks-to-prioritise-developing-world-at-historic-g20-summit

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