Table of Contents
Le Sommet G20 s’ouvre ce samedi à Johannesburg — première édition tenue sur le sol africain — avec la participation de délégations représentant 42 pays et institutions. L’événement, marqué par des mesures de sécurité renforcées et une forte couverture médiatique, intervient dans un contexte de défis économiques mondiaux sans précédent.
Un sommet historique et les priorités sud‑africaines
Le président sud‑africain Cyril Ramaphosa a ouvert la session en soulignant que le sommet constitue une occasion de renforcer le partenariat entre pays pour trouver des solutions communes aux crises mondiales.
Ramaphosa a insisté sur l’importance du dialogue et de la coopération internationale comme conditions indispensables au développement durable. Il a appelé à :
- une action conjointe pour stimuler la croissance économique et réduire les risques liés au changement climatique ;
- le lancement d’investissements dans les pays en développement afin d’atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030 ;
- un renforcement des ressources des institutions de développement pour venir en aide aux zones sinistrées ;
- des efforts accrus pour mettre fin aux conflits armés et réduire la pauvreté et le chômage, notamment dans les pays du Sud.
Le président a affirmé que le sommet porte les espoirs du continent africain pour un avenir meilleur et plaide pour des réponses adaptées aux besoins des pays en développement.
Un siège américain vide
L’absence du président américain Donald Trump est l’événement le plus médiatisé avant l’ouverture. Trump a annoncé la « boycott » de la réunion en accusant le pays hôte — qui a connu le régime d’apartheid jusqu’en 1994 — de discrimination à l’encontre des Blancs.
Sur sa plateforme Truth Social, il a écrit : « It is a total disgrace that the G20 summit is being held in South Africa. » Il a ajouté : « No US government official will attend as long as these human rights violations continue. » (https://aja.aj-harbinger.com/encyclopedia/2016/12/1/%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B9%D9%84%D8%A7%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%8A-%D9%84%D8%AD%D9%82%D9%88%D9%82-%D8%A7%D9%84%D8%A5%D9%86%D8%B3%D8%A7%D9%86)
Vendredi, Cyril Ramaphosa a déclaré en conférence de presse avec des dirigeants de l’Union européenne que les États‑Unis avaient demandé, à la dernière minute, une formule spéciale de participation, malgré l’annonce de la présidence américaine de boycotter le sommet. Ramaphosa a insisté sur le fait qu’il ne souhaitait pas « remettre la présidence tournante à un siège vide », formule symbolique reflétant les tensions entre Pretoria et Washington.
La porte‑parole de la Maison‑Blanche, Caroline Leavitt, a indiqué que Washington enverra un responsable pour assister à la cérémonie de passation de la présidence du G20 — probablement le chargé d’affaires américain à Johannesburg, Mark G. Stollard — sans participation officielle aux travaux du sommet.
Ramaphosa a jugé les déclarations américaines « peu accueillies », tout en affirmant la volonté de son pays de poursuivre l’amélioration des relations avec les États‑Unis, estimant que la décision américaine constituait « une perte pour eux ».
Image du sommet

Photo : AP/Themba Hadebe
Absences marquantes et représentations
Le ministère des Affaires étrangères sud‑africain a confirmé que six chefs d’État ne participeront pas physiquement au sommet (hors États‑Unis), mais qu’ils enverront des représentants de haut niveau. Pretoria estime le taux de présence global comme un « grand succès ». Les principales absences et délégations sont :
Absences notables
- Xi Jinping (Chine) — représenté par le Premier ministre Li Qiang (https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/3/31/%D8%B4%D9%8A-%D8%AC%D9%8A%D9%86-%D8%A8%D9%8A%D9%86%D8%BA)
- Vladimir Poutine (Russie) — absent en raison d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale ; il sera représenté par Maxim Oreshkin (https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2015/2/26/%D9%81%D9%84%D8%A7%D8%AF%D9%8A%D9%85%D9%8A%D8%B1-%D8%A8%D9%88%D8%AA%D9%8A%D9%86)
- Javier Milei (Argentine) — représenté par le ministre des Affaires étrangères Pablo T. Quirino
- Bola Ahmed Tinubu (Nigéria) — a annulé son déplacement après l’enlèvement de 25 écolières dans un contexte de crise sécuritaire
- Claudia Sheinbaum (Mexique) — absente pour obligations nationales, représentée par le ministre des Affaires étrangères Juan Ramón de la Fuente
Présences majeures
- Emmanuel Macron (France)
- Narendra Modi (Inde)
- Friedrich Merz (Chancelier, Allemagne)
- Keir Starmer (Royaume‑Uni)
- Lula da Silva (Brésil)
- Recep Tayyip Erdoğan (Turquie)
- Giorgia Meloni (Italie)
- Yoshimasa Hayashi (Japon) — représentée par la Première ministre Sanae Takaichi
- Mark Carney (Canada) — chef de gouvernement
- Anthony Albanese (Australie)
- L’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani
- Mohamed El‑Amin (Président de la Commission de l’Union africaine)
- António Costa (Président du Conseil européen)
- Ursula von der Leyen (Présidente de la Commission européenne)
- António Guterres (Secrétaire général des Nations unies)
Les priorités à l’ordre du jour
Le gouvernement sud‑africain souhaite orienter les débats sur des thèmes sensibles pour les pays du Sud. Les objectifs affichés incluent :
- réduire les inégalités économiques et améliorer le financement du développement pour les États fragiles ;
- accroître les budgets destinés à renforcer la résilience face aux catastrophes climatiques ;
- augmenter les financements climatiques des pays riches vers les pays pauvres ;
- améliorer la restructuration et l’allègement de la dette pour les économies vulnérables ;
- protéger les communautés locales et les pays exportateurs de minerais critiques face à la compétition des grandes puissances pour les ressources africaines.
Des experts estiment que malgré certaines absences, le sommet représente une opportunité importante pour l’Afrique et les pays en développement.
Préparatifs, sécurité et réactions publiques
Johannesburg connaît une mobilisation exceptionnelle : plus de 3 500 policiers ont été déployés et des unités militaires ont été mises en alerte.
Les axes routiers entre l’aéroport O.R. Tambo et le centre‑ville ont été ornés de banderoles du G20 et de fleurs. Le président Ramaphosa est apparu lui‑même dans les rues pour participer symboliquement aux opérations de nettoyage.
Cependant, certains citoyens ont critiqué le coût de l’organisation du sommet, pointant du doigt les pressions économiques internes, notamment un taux de chômage qui avoisine les 31 %.
Qu’est‑ce que le G20 ?
Le G20 est un forum réunissant 19 pays et l’Union européenne, créé en 1999 après les crises financières de la fin des années 1990. Il rassemble les principales économies mondiales pour discuter de questions économiques et financières.
Depuis la crise financière de 2008, le G20 est devenu une plateforme de premier plan, intégrant des puissances émergentes comme la Chine et l’Inde. Les membres représentent environ 85 % du produit intérieur brut mondial et les deux tiers de la population mondiale.
La préparation de ce sommet intervient alors que l’Afrique du Sud assure la présidence du G20 depuis novembre 2024 et doit la transmettre aux États‑Unis à la fin de cette réunion. Les travaux se tiennent pendant deux jours au centre d’expositions Nasrec, le plus grand complexe de conférences du pays, qui s’étend sur 150 000 m².