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Gaza : survie économique réduite aux petites initiatives

par Sara

Après plus de deux ans de conflit, la bande de Gaza connaît un effondrement économique sans précédent : selon les Nations unies, le taux de chômage y atteint désormais 80 %. La survie économique à Gaza dépend de plus en plus de petites initiatives individuelles plutôt que d’emplois formels, alors que maisons, hôpitaux et écoles ont été largement détruits et que le réseau électrique est en grande partie hors service.

Des activités informelles pour joindre les deux bouts

Face au blocus et à la paralysie du marché du travail, de nombreux habitants improvisent des sources de revenus à petite échelle. Ces activités — du tricot à la recharge de téléphones en passant par la vente occasionnelle — constituent des moyens de subsistance immédiats mais précaires.

La multiplication de ces micro-entreprises traduit la capacité d’adaptation des familles, mais aussi l’ampleur du désarroi économique : les emplois protégés et stables sont presque inexistants, et ces initiatives ne suffisent pas à relancer une économie à genoux.

Le tricot, un métier et un filet de sécurité

Pour Um Mohammed al-Jarjawi, veuve et responsable d’un foyer de cinq personnes, le tricot est devenu la principale source de revenus. Elle prépare les repas pour ses petits-enfants, puis se consacre à son travail artisanal afin d’assurer le quotidien de la maisonnée.

Formée dès l’enfance et ayant suivi des cours dans des centres spécialisés, elle transmet désormais son savoir-faire à d’autres. Son activité illustre comment des compétences traditionnelles contribuent à la survie économique Gazaise, mais aussi leurs limites face à la crise généralisée.

Recharge solaire : un service fragile et indispensable

Avec 70 % des réseaux électriques détruits, l’absence de courant pousse à des solutions de fortune. Certains installent des stations de recharge alimentées par panneaux solaires pour dépanner voisins et passants, générant un petit revenu journalier.

Wasim al-Yazji a transformé son domicile en point de recharge solaire après la destruction du supermarché qui était situé en dessous de son appartement. Il explique que cette activité l’aide à subvenir aux besoins élémentaires de sa famille, mais qu’elle reste très vulnérable aux caprices du climat : plusieurs jours voire une semaine sans soleil signifient aucune rentrée d’argent.

Jeunes sans perspectives

Le marché du travail à Gaza est presque inexistant. De nombreux jeunes arpentent les rues, espérant décrocher un travail temporaire qui ne vient pas. La frustration et l’incertitude s’installent alors que les opportunités se font rares.

« Je cherche un emploi depuis des mois », confie un jeune résident. Les emplois occasionnels sont rares et il en va de même pour toute perspective de stabilité professionnelle. Le chômage massif pèse sur les revenus des ménages et aggrave la crise humanitaire.

Des initiatives locales insuffisantes

Les petites entreprises apparues ces derniers mois — ateliers de tricot, points de recharge solaires, ventes alimentaires — permettent à certaines familles de survivre à court terme. Elles témoignent d’une résilience quotidienne et d’une inventivité citoyenne remarquable.

Cependant, ces efforts individuels ne constituent pas une réponse structurelle : ils ne restaurent ni la stabilité économique ni des emplois protégés et durables. Avec des centaines de milliers de personnes sans emploi, la reconstruction et l’aide internationale restent indispensables pour éviter un effondrement encore plus profond.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/6/economic-survival-in-gaza-decimated-by-israeli-counts-on-small-initiatives

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