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Grand froid : pourquoi certains sans domicile fixe refusent l’hébergement d’urgence

par Lea
France

Selon le ministère du Logement, 44 départements ont activé le plan grand froid. Météo France avait placé 26 départements en vigilance jaune grand froid vendredi. Les personnes sans domicile fixe dorment dans des voitures, sous des porches, dans des tentes ou dans les couloirs des métros, et certaines n’ont pas trouvé refuge dans un centre d’hébergement d’urgence.

SDF en attente d’hébergement
Selon le ministère du Logement, 44 départements ont activé un plan grand froid. Photo Sipa/Thomas Hubert

Ce dispositif permet notamment la réquisition de lieux pour ouvrir des places d’hébergement d’urgence. Florence Gérard, présidente de l’association La mie de pain à Paris, rappelle que la situation la plus fréquente est que la plupart des personnes à la rue demandent à accéder à un centre, mais qu’il n’y a plus assez de places disponibles.

Par ailleurs, certains SDF n’appellent plus le 115, découragés par des appels qui restent sans réponse ou par l’absence de place. Selon la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), le dernier décompte de la mi-décembre indiquait que 7 000 personnes ayant appelé le 115 en France n’avaient pas obtenu de place en hébergement d’urgence.

Centres d’hébergement : règles et promiscuité redoutées

Certains SDF ne souhaitent pas quitter leur abri de fortune : les places ouvertes dans le cadre des plans grand froid sont provisoires, d’une durée d’une semaine ou deux. Ils ne veulent pas prendre le risque de perdre leur lieu de vie dans la rue, aussi inconfortable soit-il, car ils y ont posé leurs affaires, connaissent les voisins et ont leurs repères, observe Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le Logement.

Certains se font aussi une mauvaise représentation des centres d’hébergement. Ils ont peur de la promiscuité, de se faire voler leurs affaires… Une expérience négative antérieure suffit parfois à les dissuader de retenter l’expérience.

Certains SDF ne veulent pas être séparés de leur chien, car la plupart des centres n’acceptent pas les animaux. Et pour ceux qui ont une addiction, il est impossible de rester dans un lieu d’accueil où l’alcool n’est pas toléré. Dans les dortoirs collectifs, l’extinction des feux à une heure précise et l’obligation de quitter les lieux le matin sont aussi difficiles à supporter.

Pour ces personnes qui restent à la rue, l’aide des maraudes est d’autant plus déterminante en période de grand froid. Il y a des distributions de couvertures et de vêtements chauds. Les maraudeurs, en tissant un lien de confiance, réussissent parfois à les convaincre d’accepter un hébergement d’urgence après plusieurs refus.

Une fois sur place, les bénévoles des centres d’hébergement font tout pour les rassurer : nos équipes permanentes et nos 500 bénévoles veillent à respecter la dignité de chacun, à ne jamais le juger et à ne pas essayer de le changer.

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