La grève qui touche le musée du Louvre se prolonge au moins jusqu’à jeudi, avec des fermetures totales ou partielles et des tensions sur la gouvernance du musée. La ministre de la Culture, Rachida Dati, a qualifié les revendications des agents de légitimes et a assuré que son ministère suivrait la situation sans en assurer la gestion directe. Les syndicats réclament l’alignement des conditions de travail et des effectifs avec ceux des agents de la rue de Valois, un point particulièrement sensible après le casse du 19 octobre. Le musée a été contraint de fermer partiellement à plusieurs reprises depuis le début du mouvement le 15 décembre, et une prochaine AG des personnels est attendue jeudi matin.
À Paris, le Louvre reste partiellement fermé et les revendications des agents sont jugées légitimes
Dans des déclarations diffusées sur Europe 1 et CNews, la ministre affirme avoir reçu les syndicats et précise que les préoccupations qu’ils portent sont prises en compte. « Je reçois les syndicats, les organisations syndicales qui ont des préoccupations et des revendications qui sont légitimes. Elles le savent parce que je les reçois », a déclaré sur Europe 1/CNews la ministre, qui a reçu les syndicats début décembre au moment du dépôt du préavis de grève.
Lundi, le Louvre est resté entièrement fermé pour la deuxième fois depuis le début du mouvement, et la mobilisation a aussi conduit à une ouverture partielle des espaces au public. La ministre a ajouté que son ministère n’assurait pas la « gestion directe » du musée, et qu’il existait « un problème de gouvernance » à la tête du Louvre. « Nous allons prendre nos responsabilités très prochainement », a-t-elle déclaré, sans préciser les mesures envisagées. Le ministère se présente comme pivot des discussions sur les effectifs et les rémunérations, tandis que les syndicats réclament l’alignement sur les agents de la rue de Valois. Les revendications relatives aux conditions de travail restent, quant à elles, du ressort de la direction du Louvre, fragilisée depuis le casse du 19 octobre. « On a un dialogue plus nourri avec le ministère qu’avec notre direction, c’est une triste réalité », a réagi Valérie Baud, déléguée CFDT, auprès de l’AFP. « C’est plutôt une bonne nouvelle que la ministre ait conscience du malaise social » au sein du musée, a-t-elle ajouté. « Ce serait une bonne nouvelle si elle s’occupe enfin des personnels du Louvre », a pour sa part commenté Gary Guillaud, de la CGT, syndicat majoritaire au musée. Selon lui, la majeure partie du blocage réside aujourd’hui au ministère, notamment sur la question des effectifs en raison du refus de relever substantiellement le plafond d’emplois au Louvre. La prochaine AG des personnels est prévue jeudi matin.

Les enjeux et les réactions autour du mouvement
Les réactions des syndicats soulignent la question centrale des effectifs et des rémunérations; Valérie Baud, déléguée CFDT, a déclaré: « On a un dialogue plus nourri avec le ministère qu’avec notre direction, c’est une triste réalité »; Gary Guillaud, de la CGT, a pour sa part estimé que « la majeure partie du blocage » réside aujourd’hui au niveau du ministère. Le mouvement est aussi vu comme un test de gouvernance et de cohérence entre les engagements du ministère et les exigences des personnels, après le casse du 19 octobre et les difficultés internes du musée. La direction du Louvre répète que la sécurité et la continuité du service public restent une priorité.
Au total, la prochaine AG des personnels demeure l’élément déclencheur des prochaines étapes, avec une attente d’annonces concrètes sur le déploiement des effectifs et l’évolution des rémunérations.
