Accueil ActualitéGrève de la faim à Rumié (Liban) : détenus syriens et libanais

Grève de la faim à Rumié (Liban) : détenus syriens et libanais

par Sara
Liban, Syrie

Des détenus syriens et libanais de la prison de Rumié ont lancé une grève de la faim effective lundi pour protester contre des années de détention sans procès ni condamnation définitive. Ils dénoncent la « mauvaise volonté » et la lenteur des autorités à traiter leurs dossiers, malgré des promesses répétées de règlement global des cas. Cette grève de la faim Rumié a suscité une large attention sur les réseaux sociaux après la diffusion d’un enregistrement depuis l’intérieur de la prison.

Les revendications des détenus

Les prisonniers exigent l’accélération de toute décision ou accord conclu entre les autorités et la mise en place d’un calendrier clair pour l’examen de leurs affaires. Ils menacent d’escalader leur action si leurs demandes restent ignorées, évoquant le refus de se nourrir comme première étape d’un mouvement plus large. Un sit-in public est également appelé pour vendredi à midi trente sur la place Riyad el-Solh à Beyrouth, sous la bannière « Non à la justice sélective, oui à la justice transitionnelle ».

Conditions sanitaires et bilan humain

Les détenus ont pointé du doigt l’absence de soins médicaux adéquats à l’intérieur de la prison, ainsi que la dégradation des conditions matérielles et sanitaires, y compris la présence d’insectes. Selon leurs déclarations, 44 personnes sont décédées dans l’établissement au cours de l’année passée, et six décès ont été recensés depuis le début de l’année en cours. Ces chiffres alimentent l’indignation et renforcent la détermination des grévistes à obtenir une réponse rapide.

Messages depuis l’intérieur et réactions publiques

Un enregistrement diffusé depuis l’intérieur de Rumié montre des figures reconnues prononçant des déclarations de soutien aux détenus, dont un cheikh lisant un communiqué au nom des prisonniers. La vidéo a été largement partagée et a déclenché de nombreuses réactions qui relèvent moins d’un message politique que d’une « demande de justice », selon des internautes. Plusieurs commentaires soulignent la « détérioration des soins » et présentent la grève comme « une ultime tentative pour préserver la dignité ».

Appels aux autorités et enjeux diplomatiques

Les détenus demandent aux autorités libanaises d’appliquer sans délai tout accord ou arrangement et pressent le gouvernement syrien d’accélérer le traitement des dossiers des citoyens détenus. Des organisations de défense des droits humains ont à plusieurs reprises appelé à accélérer les procédures judiciaires ou à envisager des retours selon des cadres légaux, soulignant le caractère sensible et humanitaire du dossier. Au-delà des aspects juridiques, la question soulève des enjeux diplomatiques entre Beyrouth et Damas qui n’ont pas encore trouvé de traduction concrète sur le terrain.

Perspectives et calendrier

Les grévistes avertissent qu’ils prolongeront et intensifieront leur mouvement s’ils n’obtiennent pas de garanties et de délais précis pour l’examen de leurs cas. Les autorités libanaises n’ont pas diffusé de réponse officielle immédiate aux appels lancés depuis la prison, tandis que la mobilisation publique prévue vendredi servira de baromètre sur l’ampleur du soutien populaire. Entre-temps, la communauté internationale et les acteurs locaux restent attentifs à l’évolution d’une revendication qui mêle urgence humanitaire et exigences de justice.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/1/26/%d8%b5%d8%b1%d8%ae%d8%a9-%d9%85%d9%86-%d8%b3%d8%ac%d9%86%d8%a7%d8%a1-%d8%b1%d9%88%d9%85%d9%8a%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%84%d8%a8%d9%86%d8%a7%d9%86%d9%8a-%d8%aa%d8%aa%d8%b5%d8%af%d8%b1

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire