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Jour 9 du conflit : les frappes US-Israël contre l’Iran se poursuivent à grande échelle et ont atteint, pour la première fois à grande échelle, des dépôts pétroliers et des raffineries. Le conflit s’est élargi au Golfe ainsi qu’au Liban et à l’Irak, provoquant de nouvelles vagues de déplacements et des perturbations des transports aériens et maritimes.
En Iran
Les forces américaines et israéliennes ont intensifié leurs frappes, y compris contre des infrastructures pétrolières. Une immense incendie a été filmée au dépôt pétrolier de Shehran, en périphérie de Téhéran.
Selon les bilans publiés, au moins 1 332 personnes ont été tuées depuis le début des opérations le 28 février. Les autorités israéliennes ont revendiqué des frappes sur des stockages de carburant et des sites qu’elles jugent liés aux forces armées iraniennes.
- Demandes américaines : l’administration américaine a réitéré sa position de rechercher la reddition sans condition de l’Iran, le président affirmant que le conflit pourrait durer « un peu » mais sans intention de « régler » avec Téhéran.
- Navigation et menaces maritimes : l’Iran affirme que le détroit d’Hormuz reste ouvert, mais menace de viser tout navire américain ou israélien tentant de le traverser.
- Relations régionales : le président Masoud Pezeshkian a déclaré vouloir de bonnes relations avec les pays voisins, tout en dénonçant les manœuvres d’un « ennemi » cherchant à semer la discorde.
- Succession du leadership : un membre de l’Assemblée des experts a laissé entendre qu’une décision sur la succession du guide suprême Ali Khamenei se rapprocherait, évoquant un « avis décisif et unanime ».
- Droits humains : des organisations internationales demandent des enquêtes sur l’attaque d’une école primaire dans le sud du pays, qui a fait au moins 160 morts, dont de nombreux enfants, et qui soulève des accusations de crime de guerre.
- Conséquences économiques : les marchés pétroliers ont été fortement perturbés, le prix du Brent ayant enregistré une hausse marquée depuis le début des hostilités, sous l’effet notamment de l’atteinte à la navigation dans le Golfe.
Dans les pays du Golfe
La riposte iranienne a touché plusieurs États du Golfe, provoquant des dégâts matériels et des pertes humaines.
À Bahreïn, un drone iranien a endommagé une usine de dessalement d’eau, selon le ministère de l’Intérieur. La plupart des pays du Golfe dépendent largement de l’eau dessalée pour la consommation.
- Qatar, Koweït, Émirats : des tirs de missiles et des drones ont été signalés sur leurs territoires. Le Koweït a fait état de deux agents de sécurité frontaliers tués et d’incendies causés par des attaques visant notamment l’aéroport international et un bureau de sécurité sociale.
- Arabie saoudite : Riyad a indiqué avoir déjoué une attaque visant son quartier diplomatique et abattu plusieurs drones en vol.
- Coalition du Golfe : le Conseil de coopération du Golfe a qualifié les frappes iraniennes contre Bahreïn et le Koweït d’« actes d’agression dangereux » menaçant la stabilité régionale.
- Aviation et évacuations : des fermetures d’espaces aériens ont entraîné des annulations massives. L’aéroport de Doha a repris partiellement le trafic via des couloirs d’urgence et des liaisons spéciales ont été opérées vers la capitale qatarie.
En Israël
Les forces israéliennes ont signalé des tirs de missiles iraniens visant le territoire israélien, déclenchant des sirènes d’alerte, notamment dans le sud et le désert du Néguev.
Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a qualifié ces attaques de « 27e vague » d’une opération qu’il nomme « Promesse vraie ». Des ripostes et des préparatifs militaires se poursuivent des deux côtés.
Aux États-Unis
La Maison Blanche a laissé entendre que la campagne pourrait durer plusieurs semaines, évoquant une fenêtre opérationnelle de quatre à six semaines. Le président a décrit la situation comme favorable aux forces américaines sur le terrain.
Les cercueils des six militaires américains tués lors des frappes de représailles iraniennes sont arrivés aux États‑Unis ; la cérémonie d’arrivée a été présidée par le chef de l’exécutif.
- Déclarations de la défense : le secrétaire à la Défense a averti que toute attaque contre des Américains serait suivie d’une réponse ferme et implacable.
- Plans opérationnels : certains médias ont rapporté que Washington et Tel‑Aviv ont discuté de l’éventualité d’une opération visant à sécuriser des stocks d’uranium hautement enrichi en Iran à un stade ultérieur du conflit.
Au Liban et en Irak
Le conflit s’est intensifié le long de la frontière nord d’Israël et plus largement au Liban et en Irak, entraînant victimes et déplacements de population.
À Beyrouth, des frappes israéliennes ont touché un hôtel dans le centre-ville, faisant au moins quatre morts et une dizaine de blessés, selon les bilans locaux. Des opérations ont également visé les banlieues sud de la capitale.
- Menaces et évacuations : plusieurs localités du sud libanais ont reçu des ordres d’évacuation immédiate, tandis que des habitants fuient vers le nord. Des écoles ont été transformées en abris pour les civils déplacés.
- Hezbollah : le mouvement a annoncé avoir visé des forces israéliennes dans le sud du Liban, multipliant les échanges de tirs à la frontière.
- Irak : des milices kurdes ont abattu un drone au‑dessus de la région du Kurdistan irakien, dans un contexte d’attaques aériennes répétées. Un général irakien a affirmé que ni les forces régulières irakiennes ni les Peshmerga n’ont traversé vers l’Iran depuis le début des hostilités.
- Diplomatie incertaine : plusieurs médias ont évoqué des discussions entre Washington et des groupes kurdes iraniens et irakiens, mais les États‑Unis ont déclaré ne pas vouloir complexifier davantage le conflit.
Au neuvième jour, le front s’est étendu au‑delà des seules frappes sur le territoire iranien : infrastructures énergétiques, voies maritimes stratégiques et centres urbains dans plusieurs États de la région ont été touchés, aggravant la crise humanitaire et les tensions géopolitiques.