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Sur le jour 1 457 de la guerre Russie-Ukraine, les combats et les tensions diplomatiques se sont poursuivis sur plusieurs fronts, tandis que des enjeux énergétiques et de sécurité régionale alimentent les inquiétudes. Les autorités ukrainiennes rapportent des attaques massives dans le sud-est, des incidents frappent des zones occupées et des manœuvres diplomatiques internationales ajoutent une nouvelle couche d’incertitude.
Violence et bilan des combats
Les forces russes ont multiplié les frappes dans la région de Zaporijia, avec 448 attaques signalées en une seule journée sur 34 localités de première ligne, causant notamment des blessures à un enfant de six ans et des dégâts aux habitations et aux infrastructures, selon le gouverneur régional qui s’est exprimé via Telegram.
Dans la région de Kherson, des attaques combinant drones, missiles et artillerie ont fait cinq blessés et endommagé des logements, dont sept immeubles collectifs, ont indiqué les autorités locales. Par ailleurs, des tirs ont également visé les régions de Dnipropetrovsk et de Sumy, où les responsables locaux ont toutefois noté l’absence de victimes humaines lors de la dernière nuit, qualifiée d’“inhabituellement calme” après des semaines d’intenses bombardements.
Des incidents ont touché des zones sous contrôle russe : un homme a été tué par des éclats lors d’une attaque de drone ukrainien à Sébastopol, en Crimée occupée. En outre, un incendie a été déclenché par un raid de drone sur un dépôt pétrolier à Velikiye Luki, dans la région de Pskov, en Fédération de Russie.
Les autorités russes ont déclaré avoir abattu 301 drones ukrainiens ainsi que dix missiles et deux bombes guidées au cours des dernières vingt-quatre heures, selon les communiqués du ministère russe de la Défense.
Processus de paix et diplomatie
La première réunion du “Board of Peace” organisée à Washington par l’administration américaine s’est tenue sans la participation du Bélarus, Moscou étant également au centre des débats après l’invitation adressée au président russe. Minsk affirme que sa délégation n’a pas reçu les visas nécessaires pour entrer aux États-Unis, malgré le respect des démarches requises.
Le ministère bélarusse des Affaires étrangères a remis en question la crédibilité du processus, s’interrogeant sur la nature d’un plan de paix qui ne permettrait pas à tous les invités d’y prendre part. Plusieurs États membres de l’Union européenne ont annoncé qu’ils n’assisteraient pas à l’initiative après l’invitation formulée à Vladimir Poutine, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
La France a fait part de son étonnement après la présence d’un commissaire européen à la réunion, estimant que la Commission n’avait pas mandat du Conseil pour y participer. Paris a par ailleurs indiqué qu’il n’engagerait pas sa participation tant que le forum n’alignerait pas son agenda sur le dossier de Gaza, conformément à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.
Sécurité régionale et menaces hybrides
Les services de renseignement néerlandais ont alerté sur une intensification des menaces hybrides à l’encontre des pays européens, attribuées à la Russie. Ces risques couvrent un large spectre, allant des cyberattaques et sabotages aux campagnes d’influence et de désinformation.
Les autorités de sécurité exhortent les États concernés à renforcer leur résilience face à ces formes d’hostilité non conventionnelle, qui visent à déstabiliser les infrastructures et l’opinion publique.
Énergie : centrales, oléoducs et pressions sur les approvisionnements
Sur le plan nucléaire, la centrale de Zaporijia, située en territoire occupé, fonctionne désormais avec sa dernière ligne électrique principale après la perte d’une ligne de secours il y a plus d’une semaine, a déclaré le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique. La situation demeure fragile et suscite des craintes quant à la sécurité de l’alimentation électrique de l’installation.
Par ailleurs, la Hongrie menace de suspendre ses exportations d’électricité et de gaz vers l’Ukraine si les flux de pétrole brut via le pipeline Druzhba ne reprennent pas. Le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orbán a indiqué que Budapest prendra des mesures à moins d’une reprise des livraisons.
Le pipeline Druzhba, dont certaines sections traversent l’Ukraine, est essentiel pour l’acheminement du pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie. Les flux seraient interrompus depuis une attaque en janvier, attribuée par Kyiv à la Russie.
La France a annoncé un soutien financier supplémentaire de 71 millions d’euros destiné à des services en Ukraine, notamment dans les domaines de l’énergie, de la santé et du déminage.
Politique intérieure russe et liberté des plateformes
Les tensions entre Moscou et la messagerie Telegram ont encore monté d’un cran : le chef du service de sécurité russe FSB a accusé son fondateur de tolérer des activités criminelles sur la plateforme. De son côté, Telegram a repoussé les allégations selon lesquelles ses systèmes auraient été compromis, qualifiant ces assertions de fabrication délibérée et affirmant n’avoir trouvé aucune faille dans ses codes de chiffrement.
Cette escalade marque une nouvelle étape dans la pression exercée par les autorités russes sur les outils de communication utilisés par des citoyens russes et ukrainiens pour échanger des informations relatives au conflit.
Aide militaire internationale
La Suède a annoncé un important soutien militaire à l’Ukraine d’un montant de 12,9 milliards de couronnes, destiné à renforcer les capacités de défense. Ce paquet inclut des systèmes de protection aérienne, des drones, des missiles longue portée et des munitions.
Ce nouveau volet d’assistance s’inscrit dans un effort international continu pour fournir à l’Ukraine les moyens de faire face aux attaques et de préserver sa souveraineté face aux opérations ennemies.