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Jour 1 459 de la guerre Russie‑Ukraine : les combats se poursuivent avec des frappes meurtrières et des destructions d’infrastructures tandis que la diplomatie et les tensions énergétiques occupent également le devant de la scène. Les autorités ukrainiennes font état de victimes civiles et d’importants dégâts dans plusieurs régions, pendant que Kiev et ses partenaires discutent de nouvelles négociations et que des différends sur l’approvisionnement électrique créent des tensions régionales.
Combats et victimes
Les attaques russes ont de nouveau touché des zones civiles et industrielles. Dans la région de Soumy, une attaque par drone a fait quatre morts, dont un garçon de 17 ans, et une frappe dans la région de Zaporijjia a tué un homme de 77 ans, selon les autorités ukrainiennes.
Par ailleurs, des raids ont frappé la région d’Odessa, blessant deux personnes et endommageant des habitations, des véhicules et une installation énergétique. La région de Dnipropetrovsk a elle aussi enregistré un blessé de 77 ans après une attaque.
- Dans le Donetsk, les bombardements ont provoqué quatre blessés au cours de 18 attaques ; 562 personnes, dont 244 enfants, ont été évacuées des communes proches du front.
- La région de Kherson a subi des tirs qui ont blessé deux policiers et un civil, et causé des dégâts à trois immeubles d’appartements, 18 maisons, un hôpital et plusieurs bâtiments publics.
- La zone frontalière de Belgorod, côté russe, a été touchée par un drone ukrainien, faisant un blessé et un enfant de trois ans légèrement touché selon des médias russes.
Les forces russes ont déclaré avoir pris le contrôle du village de Karpivka, dans l’est du Donetsk, tandis que l’état‑major ukrainien affirme que des missiles de croisière « Flamingo » produits en Ukraine ont frappé des installations militaires et industrielles en Russie, notamment un site de fabrication de missiles balistiques et une usine gazière.
Enfin, une installation du groupe américain Mondelez à Soumy a été touchée, provoquant une réaction forte du ministère ukrainien des Affaires étrangères, qui a dénoncé une attaque visant des intérêts commerciaux américains en Europe.
Politique et diplomatie
Sur le plan diplomatique, le président Volodymyr Zelenskyy multiplie les contacts en vue d’une nouvelle série de négociations trilatérales avec les États‑Unis et la Russie, et insiste sur la nécessité d’une coordination étroite avec les partenaires européens pour renforcer l’Union européenne dans ces processus.
Il a déclaré travailler « chaque jour » pour que les prochains rounds de pourparlers produisent des résultats concrets pour l’Ukraine et pour la paix. Dans ce cadre, il a eu des échanges avec des responsables européens, dont Mark Rutte, autour des thèmes des négociations et de la sécurité énergétique.
Des manifestations de soutien à l’Ukraine se sont tenues à Washington, Paris et Prague à l’approche du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle. À Kyiv, le maire de Paris, Anne Hidalgo, a reçu l’Ordre de la princesse Olga, marquant sa sixième visite depuis le début du conflit.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a par ailleurs condamné le recrutement présumé de ressortissants africains, notamment kényans, par des recruteurs russes, estimant que ces pratiques rappellent de « pires souvenirs » coloniaux et en appelant les Africains à la prudence face à de tels contrats.
Parallèlement, Kiev a élargi ses sanctions en ciblant les capitaines de navires accusés de transporter du pétrole russe, une liste que le président ukrainien a indiquée comprendre plusieurs centaines de personnes.
Tensions énergétiques
Les différends sur l’approvisionnement en énergie aggravent les tensions régionales. Le Premier ministre slovaque a menacé d’interrompre les livraisons électriques d’urgence à l’Ukraine si Kiev ne rétablissait pas le transit de pétrole russe vers la Slovaquie via le pipeline Druzhba. Budapest a annoncé qu’elle pourrait bloquer le versement d’un important prêt européen à l’Ukraine pour des raisons similaires.
Les livraisons de pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie sont interrompues depuis le 27 janvier, suite à des dommages causés à des équipements du pipeline en Ukraine que Kiev attribue à une frappe par drone russe. Slovaquie et Hongrie imputent en revanche la panne à l’Ukraine.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a qualifié ces ultimatums de « provocateurs » et de « dangereux » pour la sécurité énergétique de toute la région. De son côté, le Premier ministre polonais a critiqué ouvertement la position de la Hongrie, suggérant que ce différend profite à la Russie.
Aide militaire et propositions
Sur le terrain du soutien militaire, la République tchèque a transféré environ 200 drones de reconnaissance à cinq brigades ukrainiennes, un équipement évalué à près de 800 000 dollars selon les autorités ukrainiennes.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré dans une interview que le Royaume‑Uni et l’Union européenne devraient envisager l’envoi de « forces terrestres pacifiques » pour affirmer leur soutien à une Ukraine libre et indépendante, proposition qui suscite des débats au sein des pays alliés.
Entre frappes, évacuations et tensions diplomatiques, la situation demeure volatile alors que les protagonistes cherchent à consolider positions militaires et leviers politiques à l’approche d’une nouvelle phase de négociations.