Deux suspects seront jugés lundi dans le cadre d’une comparution immédiate pour « association de malfaiteurs et destruction de biens par un moyen dangereux en bande organisée ». L’affaire porte sur l’incendie de la pépinière d’un nationaliste qui avait aidé un mafieux, sur l’île de Corse. Interpellés mardi, les deux hommes ont effectué 96 heures de garde à vue et les autorités précisent leur rôle dans cet acte. Dans ce dossier, la justice doit aussi rappeler l’ampleur du phénomène criminel et les tensions autour des réseaux mafieux présents en Corse.
À Bastia, deux suspects jugés pour l’incendie de la pépinière d’un nationaliste
Les noms retenus sont Christophe Orheinstein, 30 ans, et Stéphane Fortuny, 51 ans. Selon le parquet de Bastia, les deux hommes, qui nient leur implication, seront jugés lundi pour « association de malfaiteurs et destruction de biens par un moyen dangereux en bande organisée ». Interpellés mardi, ils ont effectué 96 heures de garde à vue.
Selon les éléments d’enquête relayés par le parquet, Marco Furfaro a été extradé vers l’Italie et condamné en Sardaigne à 4 ans et 6 mois d’emprisonnement pour avoir aidé dans sa cavale Marco Raduano, mafioso italien arrêté à Aleria (Haute-Corse) en février 2024. Furfaro était accusé d’avoir transporté Marco Raduano en Italie, en Espagne et en Corse, et de l’avoir hébergé.
Lors de l’incendie, Me Marc-Antoine Luca, conseil de la famille Furfaro, avait précisé que la compagne de Marco Furfaro avait déposé plainte, fustigeant « un acte lâche » : « On profite de l’incarcération, très difficile, de M. Furfaro en Italie. Si aucune piste n’est privilégiée, il semble néanmoins que […] cet acte pourrait n’avoir aucun rapport avec l’affaire pour laquelle il est actuellement incarcéré », avait confié l’avocat bastiais.
Déjà en mai, la femme et les filles de M. Furfaro avaient fait état de menaces de mort à leur encontre.
En Corse, l’ampleur de la criminalité et du grand banditisme avait poussé à une mobilisation de la société civile qui organisait mi-novembre des manifestations antimafia — rassemblant entre 1700 et 3000 personnes. Quelque 20 bandes criminelles sévissent dans l’île, selon une note confidentielle de 2025 du service information, renseignement et analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la police nationale.

Contexte en Corse: criminalité, menaces et mobilisation citoyenne
Selon une note confidentielle de 2025 du service information, renseignement et analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) de la police nationale, une vingtaine de bandes criminelles sévissent dans l’île.
Les menaces de mort évoquées à l’encontre des proches de Marco Furfaro ont été signalées, et les autorités décrivent un climat de violence et de criminalité qui influence le quotidien des habitants et les acteurs locaux.
Les manifestations antimafia organisées mi-novembre ont réuni entre 1700 et 3000 personnes, reflétant une mobilisation civique notable dans le cadre de la lutte contre le crime organisé en Corse.
Les notes de Sirasco et les témoignages locaux suggèrent l’existence de réseaux transfrontaliers et d’un contexte de criminalité complexe sur l’île.
