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Les dernières volontés signées par Jeffrey Epstein avant sa mort ont ravivé les interrogations autour de la répartition de sa fortune et des bénéficiaires potentiels. Condamné pour délits sexuels, l’homme d’affaires avait exprimé le souhait que plusieurs proches reçoivent des parts importantes de son patrimoine, mais la multiplication des créances et le poids des indemnisations aux victimes compliquent aujourd’hui toute liquidation définitive.
Quarante bénéficiaires présumés
Deux jours avant son suicide en prison fédérale en 2019, Epstein a signé un document de 32 pages dans lequel il renonçait à près de 100 millions de dollars — une fraction de son immense patrimoine — au profit de Karina Shualyuk, alors âgée de 36 ans et envisagée comme future épouse. Ce document fait partie d’un ensemble d’environ trois millions de pages d’actes judiciaires récemment rendues publiques par le ministère de la Justice.
Par ailleurs, la liste des bénéficiaires potentiels mentionne quarante noms, dont certains montants apparaissent explicitement. Parmi eux figurent notamment l’avocat personnel Darren Indyke, auquel sont attribués 50 millions de dollars, et le comptable interne Richard Kahn, prévu pour recevoir 25 millions de dollars.
- Karina Shualyuk : bénéficiaire centrale d’un transfert d’environ 100 millions de dollars selon le document signé.
- Darren Indyke : avocat personnel, mentionné pour 50 millions de dollars.
- Richard Kahn : comptable, mentionné pour 25 millions de dollars.
- Mark Epstein et Ghislaine Maxwell : mentionnés avec 10 millions de dollars chacun.
- Martin Nowak : proche et professeur de mathématiques, listé pour 5 millions de dollars.
Dettes, indemnisations et valeur réelle de la succession
Bien que la fortune d’Epstein ait été estimée autour de 600 millions de dollars au moment de sa mort, un récent acte judiciaire évalue désormais la succession à environ 120 millions de dollars. Cette baisse s’explique notamment par le paiement des impôts, des frais juridiques et des compensations versées aux victimes au fil des années.
Selon les documents, les avocats d’Epstein ont mis en place un fonds d’indemnisation qui a versé 121 millions de dollars aux victimes. En outre, 49 millions de dollars ont été distribués à partir de l’actif légal dans le cadre d’accords transactionnels. Les créances et réclamations doivent être apurées intégralement avant toute distribution aux bénéficiaires désignés dans le testament.
Proches, victimes et zones d’ombre
Le testament comporte des noms partiellement occultés et d’autres en clair, comme celui du frère de l’homme d’affaires, Mark Epstein, et de Ghislaine Maxwell, condamnée en 2021 pour son rôle dans le réseau d’exploitation. Curieusement, le document ne fait aucune mention explicite des quelque 200 filles et jeunes femmes que l’on croit avoir été agressées par Epstein.
Karina Shualyuk, originaire de Biélorussie, apparaît fréquemment dans les dossiers judiciaires : Epstein lui aurait versé des frais pour ses études en odontologie et elle aurait été la dernière personne à communiquer avec lui avant l’annonce officielle de son suicide. Ces éléments alimentent les interrogations et les contestations autour de la distribution finale de l’héritage.
En définitive, l’affectation finale de ce que l’on appelle désormais « l’héritage Jeffrey Epstein » reste incertaine. Entre évaluations divergentes du patrimoine, versements déjà réalisés aux victimes et procédures en cours, la répartition des actifs désignés dans le testament pourrait encore évoluer considérablement.