Il y a quatre-vingts ans, Londres accueillait la première Assemblée générale de l’ONU. Le reportage d’archives montre des images en noir et blanc du Londres d’après-guerre, au Central Hall, où flottaient les drapeaux. « Au rendez‑vous de la paix, 51 nations ont accouru », commente un journaliste, tandis que résonne une musique orchestrale tonitruante.
C’est dans la capitale britannique que, il y a quatre-vingts ans, jour pour jour, s’est tenue la première Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU). La création de l’organisation, ainsi que l’élaboration de sa Charte, ont été réalisées dès avril 1945 à San Francisco, et tout restait à faire pour mettre sur pied l’institution.
« Résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois dans l’espace d’une vie humaine, a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, nous nous sommes rendus dans cette métropole britannique, si profondément empreinte d’une majesté héroïque, pour constituer l’Assemblée générale des Nations unies et commencer à appliquer avec sincérité et loyauté la Charte de San‑Francisco », annonça le président provisoire de l’Assemblée, le Colombien Eduardo Zuleta Angel, qui ajouta : « une tâche ardue et difficile, encore que réalisable ».
Mise sur pied administrative et logistique
Les premières discussions à Londres portent d’abord sur l’élection du président qui dirigera les séances du 10 au 14 février: Paul-Henri Spaak, premier ministre de Belgique, est élu. Le ministre des Affaires étrangères de Norvège, Trygve Lie, obtient un mois plus tard, avec le soutien de l’URSS, le poste de secrétaire général. « Il assure la lourde tâche de recruter rapidement 3 000 fonctionnaires pour faire vivre l’Organisation », rappelle le récit officiel.
Les travaux de cette première Assemblée s’attachent surtout à mettre en fonctionnement l’ONU. On discute des modalités du vote au Conseil de sécurité, des procédures du Conseil économique et social, du Conseil de tutelle, et de la Cour internationale de justice. Les organes naissent sous le contrôle des cinq grandes puissances sortantes de la Seconde Guerre mondiale: les États‑Unis, la Chine, l’URSS, la France et le Royaume‑Uni.
On délibère aussi sur les dispositions budgétaires et financières et l’ONU reçoit un sceau officiel: un planisphère entouré de branches d’olivier. On cherche aussi un siège: Genève est écartée; Washington propose les États‑Unis; l’Assemblée générale décide finalement que le siège doit être à New York.
Problématiques d’après-guerre
En dehors des questions pratiques, la première Assemblée s’attache aux grands défis de l’époque. On présente un rapport sur la reconstruction économique des régions dévastées, et un autre sur la pénurie mondiale de céréales et d’autres denrées dans les pays occupés.
Les principes du droit international, reconnus par le statut de la Cour de Nuremberg, sont confirmés et la définition du crime de génocide est adoptée à l’unanimité. Par ailleurs, une commission est créée pour étudier les enjeux posés par la découverte de l’énergie atomique, tandis que les États membres s’interrogent sur leurs relations avec l’Espagne franquiste. Il est aussi recommandé que tous les États Membres qui ne l’ont pas encore fait prennent les mesures nécessaires pour réaliser les buts et les fins de la Charte et accorder à la femme les mêmes droits politiques qu’à l’homme.
Les prochaines Assemblées générales auront lieu à New York, puis à Paris; depuis 1952, l’Assemblée générale siège dans l’actuel siège des Nations unies, construit à Manhattan pour abriter l’institution.